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ÉNERGIE ET SOCIAL: 790 milliards de subventions, l’investissement sacrifié

Face à l’explosion des subventions énergétiques, le gouvernement réduit de 555 milliards de FCFA les crédits d’investissement prévus en 2026. Il promet néanmoins de protéger les secteurs prioritaires et double l’enveloppe des bourses familiales, portée à 70 milliards.

Le choc énergétique bouleverse les arbitrages du budget 2026. Dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, les subventions destinées au secteur passent de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse spectaculaire de 540,3 milliards. Le montant prévu est ainsi multiplié par plus de trois et représenterait désormais 3,5% du produit intérieur brut, contre 1,1% dans la loi de finances initiale.

Le gouvernement explique cette envolée par la hausse du cours du pétrole, alimentée notamment par les tensions au Moyen-Orient. L’ajustement des prix des hydrocarbures intervenu en août 2026 n’aurait pas suffi à contenir le coût du soutien public dans l’enveloppe initiale. Pour alléger progressivement cette charge, les autorités envisagent de remplacer les subventions généralisées par un mécanisme davantage ciblé sur les ménages vulnérables, le transport collectif et les activités jugées essentielles.

555 milliards retranchés des investissements

La forte progression des charges énergétiques contraint l’État à revoir ses dépenses. Les investissements publics supportent l’essentiel de l’ajustement, avec une réduction globale de 555 milliards de FCFA. Les investissements financés sur ressources internes passent de 1 448,9 à 1 133,2 milliards de FCFA, soit une baisse de 315,7 milliards. Ceux financés sur ressources extérieures sont ramenés de 1 355 à 1 115,7 milliards, ce qui représente une diminution de 239,3 milliards.

Les arbitrages devraient principalement toucher les projets affichant une faible exécution ou un impact socio-économique considéré comme limité. Pour les financements extérieurs, le gouvernement annonce une restructuration du portefeuille afin de privilégier les programmes alignés sur l’Agenda national de transformation. L’Exécutif assure cependant que les secteurs sociaux, les infrastructures universitaires ainsi que les forces de défense et de sécurité seront préservés. La réduction des crédits ne signifie pas nécessairement l’abandon définitif des projets concernés, mais leur report ou leur redimensionnement pour l’exercice 2026.

Les bourses familiales doublent

Malgré ces restrictions, le gouvernement prévoit de renforcer les filets sociaux. Les crédits consacrés aux bourses de sécurité familiale passent de 35 à 70 milliards de FCFA. La LFR ne précise pas encore si ce doublement permettra d’augmenter le montant individuel des allocations, d’élargir le nombre de bénéficiaires ou de combiner les deux options.

À cette enveloppe s’ajoutent près de 7,2 milliards de FCFA ouverts par décret d’avance le 11 septembre 2026 pour financer des vivres de soudure. Le texte budgétaire ne donne toutefois pas de bilan sur les quantités distribuées ni sur le nombre de bénéficiaires.

Entre flambée des subventions énergétiques, recul des investissements et renforcement des aides sociales, le budget rectificatif révèle un équilibre particulièrement délicat : absorber le choc économique sans exposer davantage les ménages les plus fragiles.

Abdoulaye DIAO