Société

KAHEL GADIAK A PODOR: Un forage sans eau et des poteaux sans courant, le ras-le-bol de 15 000 habitants

À Kahel Gadiak, dans la commune de Ndioum (département de Podor), plus de 15 000 habitants continuent de vivre sans eau potable à domicile ni électricité, alors que les infrastructures nécessaires sont déjà en place. Le mouvement Fouta Debout pour un Sénégal uni et prospère dénonce une situation « inacceptable » et appelle l’État à achever sans délai les raccordements afin de mettre fin à plusieurs années d’attente.

La colère monte dans les villages de Kahel Gadiak, Kahel Thierno Mahamadou, Ourou Maï, Kahel Diarra Diéri, Diéri Djiguo et plusieurs hameaux environnants, situés dans la commune de Ndioum, département de Podor. Malgré la construction d’un forage multi-villages et l’installation de poteaux électriques, plus de 15 000 habitants restent privés d’eau potable à domicile et d’électricité.

Cette situation, relayée par Seneweb, a conduit le mouvement Fouta Debout pour un Sénégal uni et prospère, dirigé par Ousmane Saho, à effectuer une visite de terrain afin de constater les difficultés auxquelles sont confrontées les populations. Selon les responsables du mouvement, cette mission répond aux nombreux appels lancés par les habitants, qui réclament depuis plusieurs années un accès effectif aux services sociaux de base. L’inspecteur Alya Djigo, membre du mouvement, a expliqué que cette visite répondait à « l’appel du cœur » des populations, confrontées depuis trop longtemps à des infrastructures inachevées.

Un forage achevé, mais une seule borne-fontaine

L’accès à l’eau potable constitue la principale préoccupation des habitants. Selon Alya Djigo, le forage multi-villages, pourtant réalisé depuis près de six ans, reste largement sous-exploité. 

« Une seule borne-fontaine est aujourd’hui disponible pour toutes ces localités. Les concessions ne sont toujours pas raccordées au réseau d’adduction d’eau. Les habitants parcourent quotidiennement de longues distances pour s’approvisionner, tandis que les éleveurs peinent à trouver de l’eau pour leur bétail », a-t-il déploré.

Pour les populations, cette situation est d’autant plus incompréhensible que les infrastructures existent déjà, mais ne sont toujours pas pleinement mises en service.

Des poteaux électriques sans le moindre courant

Le même constat est dressé pour l’électricité. Les poteaux électriques ont été implantés depuis environ dix-neuf mois, mais aucun réseau n’a encore été déployé.

« Les poteaux sont debout, mais aucun câble n’a été installé. Jusqu’à présent, aucune ampoule ne s’est allumée dans ces villages. Les populations continuent de vivre dans l’obscurité malgré les investissements déjà réalisés », a dénoncé Alya Djigo.

Pour les habitants, ces équipements inachevés sont devenus le symbole de promesses qui tardent à se concrétiser.

Un frein au développement local

Au-delà des difficultés quotidiennes, l’absence d’eau potable et d’électricité compromet le développement de cette partie du département de Podor. Les ménages, les éleveurs, les structures sanitaires, les écoles et les petites activités économiques subissent directement les conséquences de ces carences.

Le mouvement Fouta Debout pour un Sénégal uni et prospère appelle ainsi les autorités à accélérer les travaux de raccordement afin que les infrastructures déjà réalisées deviennent enfin opérationnelles. « Ces populations ne demandent rien d’autre que l’accès aux services essentiels auxquels chaque citoyen sénégalais a droit. Elles aspirent simplement à vivre dignement et à bénéficier des mêmes opportunités de développement que le reste du pays », a insisté le représentant du mouvement.

À travers cette visite de terrain, le mouvement affirme vouloir porter les préoccupations des habitants auprès des pouvoirs publics et espère une intervention rapide des autorités compétentes. Après plusieurs années d’attente, les populations de Kahel Gadiak et des villages voisins disent ne plus vouloir de nouvelles promesses, mais des actes concrets pour que l’eau potable et l’électricité deviennent enfin une réalité.

Mariem DIA