CEDEAO: Djireye Clotilde Coly veut conquérir une part des 9 000 milliards de dollars du sport mondial
Réunis à Dakar du 27 au 31 juillet, les ministres de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO planchent sur une nouvelle politique sportive régionale. La ministre sénégalaise, Djireye Clotilde Coly, appelle les États membres à faire du sport un véritable levier de croissance économique, d’emplois et d’intégration.
Les ministres en charge de la Jeunesse et des Sports de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunissent à Dakar, du 27 au 31 juillet, pour adopter les recommandations des experts et définir les grandes orientations de la future politique sportive régionale. À l’ouverture des travaux, la ministre sénégalaise de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Djireye Clotilde Coly, a invité les pays de la sous-région à saisir les immenses opportunités offertes par une industrie mondiale du sport estimée à près de 9 000 milliards de dollars, soit environ 5 040 000 milliards de FCFA.
Selon la ministre, le sport ne peut plus être considéré uniquement comme une activité de loisirs ou de compétition. Il constitue désormais un secteur économique stratégique capable de générer des emplois, des investissements et de favoriser le développement local. « Le sport est désormais reconnu comme un secteur économique à part entière. L’économie mondiale du sport est estimée à environ 9 000 milliards de dollars. C’est énorme. Nous avons beaucoup à aller chercher pour notre région. Le sport constitue un levier d’inclusion sociale, de santé publique, de cohésion communautaire, de diplomatie, de création d’emplois et de développement local », a-t-elle déclaré.
Une gouvernance moderne pour attirer les investissements
Pour Djireye Clotilde Coly, la réussite de cette ambition passe par une profonde modernisation de la gouvernance sportive dans l’espace communautaire. Elle a plaidé pour des institutions plus performantes, une meilleure transparence et une professionnalisation accrue du secteur. « Notre ambition commune doit être de bâtir un écosystème sportif régional plus performant, mieux gouverné et davantage attractif pour les investisseurs. Cela implique notamment le renforcement de la gouvernance des institutions sportives, la promotion de la transparence, le développement des infrastructures, la professionnalisation des métiers du sport ainsi que l’amélioration de la formation des encadreurs et des entraîneurs », a-t-elle souligné.
La ministre a également insisté sur l’importance d’un développement plus inclusif du sport en Afrique de l’Ouest, mettant l’accent sur le sport féminin, le sport scolaire et universitaire ainsi que la prise en compte des personnes vivant avec un handicap. « Cette politique devra accorder une attention particulière à la promotion du sport féminin, à l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, à la protection des jeunes sportifs, ainsi qu’à la lutte contre le dopage, les violences et toutes les formes de discrimination », a-t-elle ajouté.
Les jeunes au cœur de la gouvernance
Évoquant la gouvernance des politiques publiques, Djireye Clotilde Coly a estimé que les jeunes devaient être pleinement associés aux décisions qui les concernent. « Rien ne doit être conçu pour la jeunesse sans la jeunesse. Nos jeunes doivent participer à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques qui les concernent. Ils doivent être associés aux instances de gouvernance, aux mécanismes de consultation et au processus décisionnel », a-t-elle affirmé.
La ministre a rappelé que le Sénégal s’est récemment doté d’un Conseil consultatif des jeunes, mis en place par le président de la République, afin de renforcer leur participation à l’élaboration des politiques publiques en faveur de la jeunesse. À travers cette rencontre de Dakar, la CEDEAO entend ainsi jeter les bases d’une stratégie commune visant à faire du sport un puissant moteur de développement économique, d’intégration régionale et d’inclusion sociale.
Fatou DIOUF

