TRANSHUMANCE POLITIQUE DES ELUS LOCAUX: L’APR dénonce un « détournement de la volonté populaire »
L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau contre ce qu’elle qualifie de « débauchage » d’élus locaux dans le cadre de la mise en place du nouveau parti présidentiel. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, le Secrétariat exécutif national (SEN) du parti estime que ces ralliements de maires, conseillers municipaux, conseillers départementaux et présidents de conseils départementaux constituent une « profonde altération de la volonté populaire exprimée par les urnes ».
L’APR estime que les électeurs ne choisissent pas uniquement des individus, mais adhèrent également à un projet politique, à des engagements et à une vision portée par une formation politique. Dès lors, le parti considère qu’un élu qui change d’appartenance en cours de mandat, sans retourner devant les électeurs, « détourne le sens du suffrage universel » et rompt le pacte démocratique.
L’ancienne majorité présidentielle soutient que la transhumance politique, lorsqu’elle est encouragée par le pouvoir, devient un outil de recomposition artificielle des majorités, au détriment de la sincérité du vote. Elle y voit une pratique qui affaiblit la représentation démocratique et transforme le mandat électif en un « patrimoine individuel librement négligeable au gré des intérêts du moment ».
Face à cette situation, l’APR plaide pour une réforme du statut des élus. Le parti propose que tout changement volontaire d’appartenance politique en cours de mandat entraîne, sauf pour les élus indépendants, la vacance automatique du siège et l’organisation d’une nouvelle élection afin de permettre aux citoyens de confirmer ou non leur choix.
Réaffirmant son engagement en faveur de « l’éthique républicaine, de la sincérité du suffrage et du respect de la volonté populaire », l’APR assure qu’elle restera mobilisée pour combattre ce qu’elle considère comme une dérive « profondément antidémocratique ».
Abdoulaye DIAO

