Politique

« Les tensions politiques ne rassurent pas les investisseurs » (Lansana Gagny Sakho)

« Les tensions politiques actuelles ne rassurent pas les investisseurs. Il faut le dire », tranche sans langue de bois le président du Conseil d’administration (PCA) de l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (APIX).

Connu pour sa liberté de ton, Lansana Gagny Sakho a mis les pieds dans le plat, livrant un diagnostic sans complaisance sur l’impact direct des tensions politiques sur l’attractivité économique nationale.

Pour lui, la psychologie de l’investisseur est dictée par le besoin de visibilité et le rejet du risque. Par conséquent, alerte-t-il, le climat d’incertitude actuel paralyse la prise de décision des investisseurs. « N’importe quel investisseur, vous lui demandez, il vous dit : ‘On ne sait pas ce qui va se passer demain.’ Un investisseur, il se projette sur cinq, six ans. Il lui faut une visibilité sur cinq ou six ans. Dès qu’il a une petite inquiétude, il va voir ailleurs », prévient-il. Une manière de rappeler que les capitaux n’obéissent qu’à des garanties de stabilité.

À l’en croire, le Sénégal a longtemps capitalisé sur son statut d’exception démocratique en Afrique de l’Ouest. Une époque désormais révolue, selon lui. « Ce qu’on oublie au Sénégal, c’est que nous ne sommes plus le seul îlot de stabilité dans la sous-région. Aujourd’hui vous avez la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Bénin », fait-il remarquer.

« Vous avez tous ces pays qui font exactement le même travail que nous : ils réforment leur code de l’investissement, ils ont des zones économiques spéciales (ZES) et on a un même marché communautaire », a rappelé le Dr Sakho.

Dans ce marché commun intégré que sont l’UEMOA et la CEDEAO où les barrières et frontières s’estompent, « l’investisseur va opter pour la situation la plus plausible pour travailler », confie-t-il.

« Raison pour laquelle il faut impérativement apaiser le climat social et politique dans ce pays », a conclu Lansana Gagny Sakho.

Un message qui résonne comme un appel à la responsabilité lancé à l’endroit de l’Exécutif (tenu par le président Bassirou Diomaye Faye) et du Législatif (géré par l’ex-PM, Ousmane Sonko) qui se livrent à une confrontation feutrée.