AUTOROUTE A PEAGE: 100 000 FCFA d’amende pour un poste de pesage qui n’existe pas
Des transporteurs routiers montent au créneau pour dénoncer une situation qu’ils jugent à la fois incohérente et pénalisante sur le réseau routier national. Selon plusieurs professionnels du secteur, des chauffeurs empruntant l’autoroute à péage entre Dakar et Thiadiaye se voient infliger des amendes pour « refus de pesage », alors même qu’aucun poste de pesage n’existe sur leur itinéraire.
D’après leurs témoignages, un camion quittant Dakar pour rejoindre Thiadiaye via l’autoroute à péage ne rencontre aucun dispositif de contrôle de charge tout au long du trajet. Pourtant, à leur arrivée aux premiers postes de contrôle situés notamment à Kaffrine ou à Koutal, certains conducteurs sont verbalisés au motif qu’ils ne se seraient pas présentés aux postes de pesage de Diamniadio ou de Mbour.
Cette situation peut entraîner une amende de 100 000 FCFA pour « refus de pesage », une sanction que les acteurs du transport jugent incompréhensible. « Comment peut-on reprocher à un conducteur de ne pas avoir effectué un pesage sur un itinéraire qu’il n’a pas emprunté ? », s’interrogent plusieurs professionnels du secteur.
Les transporteurs estiment qu’il est injuste de sanctionner des usagers qui ont simplement utilisé une voie légalement ouverte à la circulation et qui se présentent au premier poste de pesage disponible après leur sortie de l’autoroute. À leurs yeux, le véritable problème réside dans l’absence d’infrastructures de contrôle adaptées sur certains axes routiers, et non dans un manquement des conducteurs.
Selon eux, il appartient aux autorités compétentes de mettre en place les équipements nécessaires afin d’assurer le respect des règles de contrôle des charges sur l’ensemble du réseau concerné. Ils plaident ainsi pour une meilleure cohérence dans l’application de la réglementation et une prise en compte des réalités du terrain.
Au-delà des préoccupations des professionnels du transport, cette situation soulève des interrogations sur l’équité des contrôles routiers et le respect des droits des usagers. Les acteurs du secteur estiment que ces pratiques risquent d’alourdir davantage les charges des entreprises de transport, avec des conséquences potentielles sur l’activité économique.
Face à cette situation, les transporteurs appellent les médias, les organisations de la société civile et les autorités compétentes à se saisir du dossier. Ils réclament des explications claires sur les fondements de ces sanctions ainsi qu’une harmonisation des procédures de contrôle. Pour eux, un principe doit prévaloir : aucun conducteur ne devrait être sanctionné pour ne pas avoir utilisé un poste de pesage inexistant sur l’itinéraire qu’il a effectivement emprunté.
Mariem DIA

