Lieux de privation de liberté : le Président Faye reçoit les rapports 2024-2025 et trace de nouvelles orientations
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé ce jeudi la cérémonie officielle de remise des rapports annuels 2024 et 2025 de l’Observateur national des Lieux de Privation de Liberté (ONLPL), Mécanisme national de Prévention de la Torture. Une cérémonie tenue en présence du Premier Ministre et de plusieurs membres du Gouvernement.
D’emblée, le Chef de l’État a situé la portée de cette remise de rapports, qui « procède des exigences de transparence et de redevabilité » et constitue, selon ses mots, « un moment de vérité sur la manière dont [l’État] traite ceux qu’il prive de liberté ». Reprenant les propos de l’Observateur national, il a précisé que cette institution « n’est ni un censeur des agents d’application des lois, ni un avocat des personnes privées de liberté », mais plutôt « le regard que la République pose sur elle-même ».
Un bilan salué, un cadre juridique renforcé
Le Président a félicité l’Observateur national et ses équipes pour un travail mené « avec discernement, esprit d’ouverture et sens du dialogue », soulignant qu’en deux ans, l’ONLPL a réalisé cent vingt-quatre visites de lieux de privation de liberté et formulé plus d’une centaine de recommandations. Il a assuré que ces recommandations « feront l’objet d’une exploitation minutieuse par les ministères concernés », sous la coordination du Premier Ministre.
Cette dynamique a déjà porté ses fruits sur le plan législatif, avec l’adoption de la loi n°2026-02 du 26 février 2026, qui consacre « des innovations importantes », dont le relèvement de l’ancrage institutionnel du mécanisme à la Primature.
Des chantiers concrets pour les personnes privées de liberté
Sur la prise en charge alimentaire et sanitaire des personnes gardées à vue, le Chef de l’État a invité les ministres concernés à dresser un état des lieux et exhorté le Garde des Sceaux à finaliser la révision des textes en vigueur. Il a également annoncé la reprise en main du Centre de réinsertion sociale Imam Assane Cissé de Kaolack par le Ministère de la Santé, dans le cadre de la réforme relative à la prise en charge des malades mentaux.
Concernant la surpopulation carcérale, qualifiée de « préoccupation majeure » du Gouvernement, le Président a demandé une réflexion approfondie sur les peines alternatives à l’incarcération et un meilleur encadrement de la détention provisoire. Il a par ailleurs affirmé, au sujet des affaires en instance d’appel, que « nul ne devrait avoir à sacrifier son droit à un second procès pour recouvrer la liberté ».
Sur la question des fouilles, il a indiqué que les moyens technologiques disponibles, comme les portiques de détection, permettent d’apporter « une réponse respectueuse des personnes ».
Justice sociale pour les agents pénitentiaires
Le Chef de l’État a assuré que les mesures nécessaires seraient prises pour finaliser le projet de loi portant statut du personnel de l’Administration pénitentiaire, ouvrant la voie à un futur code pénitentiaire. Une réforme qui relève, selon lui, « de justice sociale envers des agents qui accomplissent, dans l’ombre des murs, l’une des missions les plus rudes de la République ».
Le Président a enfin adressé ses condoléances à l’ONLPL après le décès du Commissaire divisionnaire Mamadou Yandé Boye, observateur délégué ayant consacré « ses dernières forces » à la préparation des rapports, au terme de quarante-sept années au service de l’État. Il a indiqué avoir pris bonne note de la requête tendant à son élévation posthume dans l’Ordre national du Lion, assurant qu’elle serait « examinée avec la considération due à une vie entière donnée à l’État ».

