Criminalité économique : plus de 5 000 biens saisis et 50 milliards FCFA d’avoirs récupérés en cinq ans
À l’occasion du cinquième anniversaire de sa création, l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a dressé le bilan de son action dans la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et la criminalité économique. L’Observateur rapporte que, depuis son lancement le 23 juillet 2021, l’institution a pris en charge plus de 5 000 biens issus de procédures pénales, allant de comptes bancaires et immeubles à des véhicules et autres équipements. À la date de mars 2026, le montant total des avoirs gérés par l’Office dépassait 50 milliards de francs CFA, comprenant notamment plus de 13 milliards de saisies bancaires, près de 21 milliards de saisies immobilières et de cautionnements, ainsi que le produit des ventes des biens saisis.
Le quotidien du Groupe futurs médias indique également que l’ONRAC poursuit une politique de valorisation des avoirs afin d’éviter leur dépréciation avant l’issue des procédures judiciaires. En 2025, 19 ventes publiques aux enchères, organisées dans six régions, ont permis de mobiliser 2,234 milliards. Si Kédougou a concentré 55 % du volume des biens vendus, essentiellement des engins et équipements saisis dans la lutte contre l’orpaillage clandestin, Dakar a généré 85 % des recettes, soit près de 1,896 milliard, en raison de la valeur plus élevée des biens mis en vente.
Son directeur général, le magistrat Mor Ndiaye, cité par la même source, a par ailleurs précisé que la mission de l’ONRAC ne se limite pas au recouvrement. L’Office gère ces biens « en bon père de famille » pour en préserver la valeur, en assurer la restitution lorsque la justice ne prononce pas de confiscation définitive et, le cas échéant, contribuer à l’indemnisation des victimes.
Représentant le ministre de la Justice lors de la cérémonie, le secrétaire général Mamadou Diop a qualifié l’ONRAC de « pilier incontournable » dans l’application du principe selon lequel « le crime ne doit jamais payer ». Pour faire face à des réseaux plus sophistiqués, il a annoncé plusieurs réformes, notamment la modernisation du cadre juridique, la digitalisation complète des procédures, le renforcement des moyens humains et budgétaires, ainsi qu’une coordination accrue avec les juridictions et les administrations partenaires, avec pour ambition de faire du Sénégal une référence africaine en la matière.

