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FOOT- MONDIAL 2026: La Tanière entre remous et incertitudes

La publication de la liste des 26 Lions pour le Mondial 2026 devait acter une montée en puissance et une clarification des choix. Elle a surtout mis en lumière une gestion brouillonne, des décisions fluctuantes et une Tanière encore loin d’afficher la sérénité attendue à l’approche d’un rendez-vous où le Sénégal est attendu parmi les outsiders.

La publication de la liste finale de l’équipe nationale du Sénégal pour la Coupe du monde 2026 devait sceller l’autorité de Pape Thiaw. Elle laisse finalement l’impression inverse, celle d’un sélectionneur encore en quête de maîtrise, balloté entre convictions sportives, pression extérieure et gestion interne hésitante.
Depuis plusieurs jours, la Tanière vit au rythme d’un feuilleton confus. Annonces contradictoires, joueurs un temps écartés, puis rappelés, communication fluctuante. Rarement une liste mondiale aura généré autant de zones grises. Au final, Moustapha Mbow et Ilay Camara font les frais de ce resserrement tardif, sans que la hiérarchie sportive n’ait semblé totalement lisible jusqu’au bout.

Pape Thiaw face à ses contradictions
Le cas Bara Sapoko Ndiaye cristallise ce malaise. Initialement perçu comme un simple réserviste, voire hors du groupe des 26, le jeune milieu formé au Bayern Munich s’est finalement imposé dans la liste finale. Sa prestation remarquée face aux États-Unis a changé la donne. Mais pour beaucoup d’observateurs, ce revirement interroge. Choix assumé ou réponse à une pression grandissante autour d’un joueur devenu symbole d’espoir et d’audace ?
L’impression dominante reste celle d’un sélectionneur qui a cédé, au moins partiellement, à l’opinion publique. Le problème n’est pas tant la présence de Bara Sapoko Ndiaye, jugée méritée par une large partie des supporters, que la manière. Une sélection nationale ne peut pas donner le sentiment de se construire au gré des réactions extérieures, surtout à quelques jours d’un Mondial.
Dans ce contexte, Moustapha Mbow apparaît comme le grand perdant. Longtemps considéré comme un profil en progression dans les plans du staff, le défenseur a été écarté sans explication claire, symbole d’une hiérarchie défensive mouvante et difficile à décrypter. Le dossier Chérif Ndiaye, lui aussi maintenu malgré des incertitudes persistantes, ajoute encore à cette impression de flottement.
Le plus problématique reste peut-être la communication. Lors de l’annonce des 28 le 21 mai, Pape Thiaw affirmait pourtant que les joueurs concernés par les derniers choix avaient été informés. Quelques jours plus tard, les faits semblent contredire ce discours, renforçant l’idée d’une gestion évolutive plutôt que maîtrisée. Un décalage qui interroge la crédibilité du discours officiel.
À ce stade, les choix sportifs peuvent encore être débattus. Mais c’est la méthode qui pose question : celle d’un groupe qui donne le sentiment d’avancer sans cadre totalement figé. Une anomalie pour une sélection qui ambitionne de jouer les premiers rôles au Mondial.

Toujours l’incertitude autour de Koulibaly
Sur le plan sportif, les incertitudes ne s’arrêtent pas là. Le cas Kalidou Koulibaly reste suivi de près. Le défenseur de l’Al-Hilal, absent depuis le 8 avril, poursuit sa rééducation. Un retour progressif est envisagé, mais rien n’est encore acté, pas même une apparition en amical. Dans le même temps, la défense sénégalaise n’inspire pas encore une totale confiance, entre un Abdoulaye Seck irrégulier et un Mamadou Sarr en manque de rythme, alors que seul Moussa Niakhaté semble dégager des certitudes.
Autre sujet d’inquiétude : la Tanière n’est toujours pas au complet. Les arrivées de plusieurs joueurs, dont Ismaïla Sarr et Pathé Ciss, tous deux engagés en finale de la Ligue Conférence avec leur club, sont encore attendues. Même constat pour Ibrahim Mbaye, vainqueur de la Ligue des Champions avec le Paris Saint-Germain, Yehvann Diouf et Antoine Mendy qui seraient attendus ce mercredi.
À mesure que les jours passent, le Sénégal avance donc vers son Mondial avec une étrange impression : celle d’un champion d’Afrique toujours en construction. L’ambition est intacte, le potentiel aussi. Mais la sérénité, elle, reste à bâtir. Et à moins de deux semaines du choc face à la France, le temps commence à manquer.

Mouhamed DIEDHIOU