Société

4e ÉDITION DE LA JOURNÉE MONDIALE DES ABEILLES AU SÉNÉGAL: Les pollinisateurs à l’honneur

Le Sénégal célèbre, les 19 au 20 mai, la Journée mondiale des abeilles. Pour cette 4e édition organisée dans le pays, la commune de Toubacouta, au cœur du delta du Saloum, accueille les activités placées sous le thème : « Ensemble avec les abeilles pour le développement de la planète : un partenariat vital pour chacun de nous ». Pour les acteurs du secteur, cette célébration vise surtout à rappeler le rôle essentiel des abeilles dans la préservation des écosystèmes, la sécurité alimentaire et l’équilibre environnemental.

À l’instar de la communauté internationale, le Sénégal commémore la Journée mondiale des abeilles les 19 et 20 mai. Cette journée trouve son origine dans la résolution adoptée à l’unanimité par l’Organisation des Nations unies le 20 décembre 2017, proclamant le 20 mai Journée mondiale des abeilles. Cette date renvoie à la naissance d’Anton Janša (1734-1773), pionnier slovène de l’apiculture moderne, reconnu pour avoir révolutionné les techniques d’élevage des abeilles et mis en avant leur importance dans la protection de l’environnement. Au Sénégal, les manifestations se déroulent cette année dans la commune de Toubacouta, dans le delta du Saloum, autour du thème : « Ensemble avec les abeilles pour le développement de la planète : un partenariat vital pour chacun de nous ».
Selon l’ancien coordonnateur du Projet d’appui au développement de l’apiculture (PADA), Dr Ibrahima Diawara, cette journée « permet de donner à l’abeille la place qu’elle mérite dans la vie en général ». Ce docteur en médecine vétérinaire estime que les abeilles jouent également un rôle d’alerte face aux changements climatiques et aux perturbations des écosystèmes. « En général, lorsqu’il y a des changements au niveau des écosystèmes, les apiculteurs le ressentent directement, parce que soit les abeilles fuient, soit elles meurent, soit les productions baissent, soit elles ne peuvent plus assurer leur rôle de pollinisateurs », explique Dr Diawara.
Pour lui, cette journée met en lumière le rôle crucial des abeilles dans l’environnement, la production alimentaire et, plus largement, dans la vie humaine. « Cette journée permet de sensibiliser sur le rôle des abeilles, mais aussi sur celui des pollinisateurs en général, pour le bien-être de l’humanité, la préservation du milieu végétal et animal ainsi que la gestion des écosystèmes », ajoute-t-il.
Au-delà de l’hommage rendu à Anton Janša, la Journée mondiale des abeilles, célébrée chaque année depuis 2018, met également l’accent sur le cycle biologique des abeilles. Selon Étienne Manga, président de l’Association des apiculteurs de Ziguinchor, le mois de mai correspond dans l’hémisphère nord à une période cruciale pour les abeilles. « Dans l’hémisphère nord, le mois de mai correspond au pic d’activité des abeilles et au moment où le besoin de pollinisation est le plus important », souligne-t-il, rappelant aussi que cette journée constitue aujourd’hui « une plateforme pour encourager les gouvernements, les entreprises et les particuliers à adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement, notamment la réduction des pesticides et la plantation de fleurs mellifères ».
Membre de l’Association des apiculteurs de la région de Ziguinchor pour le Sénégal (APISEN), une organisation communautaire créée en 2015 et regroupant près de 300 apiculteurs et apicultrices issus de plusieurs localités rurales, Étienne Manga considère cette journée comme « cruciale ». Les acteurs du secteur veulent ainsi attirer l’attention sur trois enjeux majeurs liés au développement de l’apiculture. Le premier concerne la sécurité alimentaire. Selon le document de présentation de cette édition, « environ un tiers de la production mondiale de nourriture dépend de la pollinisation ».
Le deuxième enjeu touche à la biodiversité. Les apiculteurs rappellent que « les abeilles sont des sentinelles de l’environnement » et que leur disparition constitue un signal alarmant d’un déséquilibre écologique majeur. Enfin, le troisième enjeu est économique. Les professionnels du secteur soulignent que « le travail gratuit des pollinisateurs représente des centaines de milliards d’euros chaque année pour l’agriculture mondiale ».

Mamadou Lamine CAMARA