AVANT-PREMIERE DU FILM DOCUMENTAIRE DE LA REALISATRICE ALLEMANDE GRETA-MARIE BECKER: Un hommage vibrant à Germaine Acogny à travers « L’Essence de la danse »
Le documentaire « Germaine Acogny, l’Essence de la danse », réalisé par la cinéaste allemande Greta-Marie Becker, a été projeté en avant-première à Institut français du Sénégal, en présence de la chorégraphe, de cinéphiles et de nombreux passionnés de culture.
Ce portrait documentaire de plus d’une heure, qui transporte le public jusqu’à l’École des Sables de Toubab Dialaw, offre une immersion sensible dans le parcours et l’univers artistique de Germaine Acogny. À 81 ans, la chorégraphe et danseuse sénégalaise d’origine béninoise, reconnue comme la mère de la danse contemporaine africaine, y dévoile une vie entièrement consacrée à la création, à la transmission et à la valorisation des cultures africaines.
L’Institut français du Sénégal a accueilli cette projection exceptionnelle dans le cadre des rendez-vous culturels organisés en écho à la Biennale de la danse en Afrique. Artistes, professionnels de la danse, passionnés de culture et grand public se sont retrouvés autour de cette figure incontournable de la scène chorégraphique africaine.
Dans une salle comble et empreinte d’émotion, le film retrace plus de cinquante années de création, d’engagement et de transmission artistique. Germaine Acogny apparaît comme une artiste visionnaire ayant su bâtir un langage chorégraphique singulier, mêlant traditions africaines et danse contemporaine.
Le documentaire met également en lumière l’École des Sables, fondée au Sénégal, devenue un lieu emblématique de formation et de rencontre pour des danseurs venus du monde entier. Au-delà du portrait intime d’une grande dame de la culture africaine, ce film apparaît comme un véritable hommage à la danse comme outil de liberté, de transmission et de résistance.
Le long métrage est enrichi d’images d’archives retraçant les débuts de Germaine Acogny à Mudra Afrique, ses spectacles à travers le monde, des séquences consacrées à sa vie familiale avec ses deux enfants, ainsi qu’à sa rencontre avec son mari allemand, Helmut Vogt.
Sorti en juillet 2025 après quatre années de travail, le documentaire met en exergue la reconnaissance acquise au fil de décennies de lutte et de travail acharné, illustrée notamment par le Lion d’or reçu à la Biennale de Venise en 2021.
La réalisatrice revient également sur un pan important de la vie de l’artiste : Mudra Afrique, école pionnière créée en 1977 par le chorégraphe français Maurice Béjart avec le soutien du président sénégalais Léopold Sédar Senghor. D’autres séquences montrent la chorégraphe dans son village natal au Bénin, mettant en lumière son attachement profond à ses racines.
« Quand tu danses, il ne faut pas qu’on voie ton corps, mais plutôt ton âme »
À travers ce récit, le public découvre une femme profondément ancrée dans ses valeurs et son héritage culturel, portée par une résilience, un engagement et un amour indéfectible pour son art. L’un des passages les plus marquants du film a suscité de longs applaudissements dans la salle lorsque Germaine Acogny déclare : « Quand on est culturellement bien enraciné, on peut aller à la rencontre de l’autre. Quand tu danses, il ne faut pas qu’on voie ton corps, mais plutôt ton âme. J’avais besoin de me libérer par la danse ».
Évoquant son parcours de vie, elle souligne également l’importance de la persévérance face aux épreuves : « Il faut réussir à franchir les obstacles comme un bon cheval, mais aussi avoir un compagnon qui vous soutient, vous aime et avec qui l’on peut faire un long chemin ensemble ».
Au terme de la projection, les témoignages du public ont traduit la forte émotion suscitée par le documentaire. « Ce documentaire m’a profondément touchée. On découvre une femme d’une grande force, mais aussi très humaine. Germaine Acogny représente une immense fierté pour l’Afrique et pour la danse », a confié Aïssatou Diop, spectatrice.
Danseur professionnel, Mamadou Ndiaye a, lui aussi, salué le parcours de la chorégraphe. « Voir son parcours à l’écran est une véritable source d’inspiration. Elle a ouvert la voie à toute une génération d’artistes africains et continue de transmettre avec passion », a-t-il noté.
Prenant la parole lors de cette soirée, Greta-Marie Becker a expliqué avoir souhaité capturer « l’essence » d’un destin exceptionnel, entre mémoire, transmission et avenir. Très émue, Germaine Acogny a salué cette projection dakaroise comme un moment fort de partage avec le public sénégalais, rappelant l’importance de la patience, de la persévérance et de la passion dans toute démarche artistique.
Adama AIDARA

