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ALERTE MONDIALE: Le hantavirus frappe en pleine croisière et réveille les traumatismes du Covid-19

Les autorités sanitaires internationales sont en état d’alerte depuis plusieurs jours après l’apparition d’un foyer d’infections au hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé l’évacuation de trois personnes suspectées d’être atteintes de ce virus rare. Elles sont actuellement en route vers les Pays-Bas pour y recevoir des soins médicaux spécialisés.

Trois passagers suspectés d’être contaminés par le hantavirus ont été évacués du MV Hondius dans le cadre d’une opération coordonnée entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’armateur du navire et les autorités nationales du Cap-Vert, du Royaume-Uni, de l’Espagne et des Pays-Bas. L’annonce a été faite, hier, par le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.Ce virus zoonotique, encore peu connu du grand public, est à l’origine d’un foyer d’infection inédit par son ampleur à bord du bateau de croisière MV Hondius. Selon l’OMS, huit passagers ont été infectés et trois décès ont déjà été enregistrés.

Une situation qui ravive les souvenirs des premiers jours de la pandémie de Covid-19 et suscite une vive inquiétude dans plusieurs pays.Toutefois, l’OMS tente de rassurer. « A ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible.

L’OMS continue de travailler avec les exploitants du navire pour surveiller de près la santé des passagers et de l’équipage, et collabore avec les pays pour assurer un suivi médical approprié et une évacuation en cas de besoin. Un suivi des passagers à bord et de ceux qui ont déjà débarqué a été mis en place en collaboration avec les exploitants du navire et les autorités sanitaires nationales », a déclaré Dr Tedros.

Le MV Hondius, qui assurait une liaison entre Ushuaia et Cap-Vert, au large des côtes du Sénégal et de la Mauritanie, est devenu le théâtre d’une série d’infections respiratoires aiguës. Face à la situation, les responsables du navire ont instauré un confinement strict pour les passagers symptomatiques et renforcé les protocoles d’hygiène à bord.

Les autorités néerlandaises travaillent actuellement sur les modalités de rapatriement des patients ainsi que des corps vers l’Europe. Le navire a quitté hier sa zone de mouillage au large du Cap-Vert pour mettre le cap sur Tenerife, en Espagne.

Transmission et risques

Les hantavirus sont des virus zoonotiques transmis principalement par les rongeurs infectés. Selon le Directeur de la Prévention, Dr El Hadj Mamadou Ndiaye, l’être humain peut contracter le virus par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs contaminés.

Les morsures constituent également un mode de transmission, bien que plus rare.Chez l’homme, l’infection peut provoquer une maladie grave, parfois mortelle. « Bien qu’il n’existe aucun traitement spécifique permettant de guérir les infections à hantavirus, une prise en charge médicale précoce et symptomatique est essentielle pour améliorer les chances de survie », explique Dr Ndiaye. Selon lui, cette prise en charge repose sur une surveillance clinique rigoureuse et le traitement des complications respiratoires, cardiaques et rénales.

Les activités impliquant un contact avec des rongeurs ou des environnements infestés augmentent considérablement les risques d’exposition. Il s’agit notamment du nettoyage d’espaces clos ou mal ventilés, des travaux agricoles et forestiers ou encore du fait de dormir dans des habitations infestées.À ce jour, la transmission interhumaine reste extrêmement rare. Elle n’a été documentée que pour le virus Andes sur le continent américain.

Lorsqu’elle survient, elle nécessite généralement un contact étroit et prolongé avec une personne infectée.Symptômes et diagnosticSelon Dr Ndiaye, les symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l’exposition au virus. Ils se manifestent d’abord par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires ainsi que des troubles gastro-intestinaux comme les douleurs abdominales, les nausées ou les vomissements.

Dans les cas graves de syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), la maladie peut rapidement évoluer vers une toux sévère, un essoufflement, une accumulation de liquide dans les poumons et un état de choc. Dans le syndrome hémorragique avec insuffisance rénale (SHIR), les patients peuvent développer une hypotension, des troubles hémorragiques et une insuffisance rénale aiguë.

Le diagnostic précoce demeure difficile, les premiers symptômes ressemblant à ceux de nombreuses maladies comme la grippe, la Covid-19, la dengue, la leptospirose ou certaines pneumonies virales. La confirmation repose sur des analyses sérologiques et des tests moléculaires comme la RT-PCR.

Pour les spécialistes, la prévention reste le moyen le plus efficace de lutte contre cette maladie. Elle passe essentiellement par la réduction des contacts entre les populations et les rongeurs infectés, ainsi que par l’identification rapide des cas suspects et l’application stricte des mesures de prévention sanitaire.

Viviane DIATTA