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Société Africaine de Raffinage : Un modèle de performance au service de la souveraineté énergétique de l’État…

L’on se joint des félicitations au gouvernement de la prouesse quant à la récupération du bloc gazier Yakar Teranga. Cela dénote de son engagement constant à faire du Sénégal un pays souverain.

Yakar-Teranga esy un actif stratégique dont le bloc représente l’un des plus importants gisements gaziers du Sénégal. Si l’État renforce son contrôle (via PETROSEN), l’objectif ne devrait pas être uniquement de capter plus de revenus fiscaux ou de royalties, mais surtout de sécuriser l’approvisionnement domestique en gaz, de réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers, d’alimenter l’industrialisation nationale et de créer une chaîne de valeur locale.

A l’absence de stratégie industrielle, récupérer le bloc sans usage domestique structuré reviendrait simplement à changer l’actionnariat sans transformer l’économie. Il convient alors d’analyser en profondeur les imbrications du retrait sur l’ensemble de l’écosystème.

A ce titre, le Sénégal dispose d’un bras technique qui nécessite un repositionnement stratégique aux fins d’exploitation et de transformation optimales de ses ressources gazières et pétrolières. Surtout lorsqu’il s’agit d’un outil industriel légitiment ancré dans le secteur énergétique. Qui d’ailleurs s’est investi dans une dynamique d’amélioration continue tout en affichant des performances historiques basées sur la transparence, l’éthique et la gestion axée aux résultats depuis son accession au directoire de la SAR.

Il faut le dire sans prétention aucune, Mamadou Abib Diop est l’incarnation aboutie du leadership transformationnel avec comme boussole : RESULTAT.

Dois-je informer à qui veut le savoir ? Dès sa nomination en avril 2024, il a fait de l’application du code des marchés publics une priorité principale alors que le décret exigeant à la structure de se conformer au dit code date de 2022. En tant que technicien aguerri de l’industrie, il a rapidement compris le potentiel de la SAR. Il a vite lancé une offensive médiatique pour défendre l’impérieuse nécessité d’augmenter le périmètre de couverture du marché national en produits finis de qualité.

Son approche repose sur un triptyque assez clair : pédagogie économique, démonstration technique et narration autour de la souveraineté énergétique. C’est ce qui explique en grande partie comment il a réussi à faire de l’opinion publique un allié sur le besoin d’un deuxième site de raffinage et à afficher des résultats financiers têtus, historiques.

Voilà pourquoi l’Etat doit se dépêcher à renforcer sa collaboration avec la SAR par souci de cohérence dans sa volonté de souveraineté. L’on a l’habitude de le dire : le Sénégal ne manque pas de ressources humaines de qualité. Mais force est de constater la rareté de ses ressources humaines également mues des principes de patriotisme et de valeurs de jub jubal jubanti.

Sans aucune intention de propagande, la SAR s’érige naturellement en pilier stratégique du fait de notre statut d’un État producteur. Si l’Etat ne contrôle pas son aval, il reste vulnérable à defaut de s’inspirer de la Sonatrach en Algérie, le Saudi Aramco en Arabie saoudite ainsi que le Petronas en Malaisie.

Le moment est plus que favorable pour faire de la Société Africaine de Raffinage (SAR) un pilier du secteur industriel sénégalais. L’idée se justifier sur plusieurs plans économiques, stratégiques et sociaux; surtout dans le contexte de l’ambition nationale de transformation industrielle portée par l’agenda de transformation 2050 et des récentes avancées énergétiques du pays.

  1. Souveraineté énergétique
    Le Sénégal cherche à réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés. Une SAR plus performante permettrait de sécuriser l’approvisionnement en carburant ; de limiter les risques liés aux fluctuations internationales ; de renforcer l’autonomie énergétique nationale. Avec l’exploitation des ressources offshore comme le projet GTA et le champ Sangomar, disposer d’une raffinerie nationale solide devient encore plus stratégique.
  2. Création de valeur locale
    Au lieu d’exporter des matières premières puis de réimporter des produits finis à coût élevé, la SAR peut transformer localement le pétrole brut, développer une chaîne de valeur nationale, favoriser l’émergence d’industries dérivées (plastiques, lubrifiants, pétrochimie, transport). Cela augmente la valeur ajoutée créée au Sénégal.
  3. Création d’emplois
    Une SAR modernisée peut générer des emplois directs (ingénieurs, techniciens, opérateurs, ouvriers), des emplois indirects (logistique, maintenance, sous-traitance, distribution). Cela contribue à absorber une partie du chômage des jeunes.
  4. Réduction du déficit commercial
    Les importations massives de produits raffinés pèsent sur la balance commerciale. Une production locale plus importante permettrait de réduire les sorties de devises, d’améliorer la balance commerciale, potentiellement d’exporter vers la sous-région ouest-africaine.
  5. Renforcement de l’industrialisation
    L’énergie est la base de toute industrialisation. Une SAR forte soutient les cimenteries, les transports, l’agro-industrie, les industries manufacturières. Sans énergie accessible et stable, l’industrialisation tant chantée par l’Etat est vouée à l’chec, sinon elle reste fragile
  6. Position géostratégique du Sénégal
    Grâce à sa façade maritime et au port de Port of Dakar, le Sénégal peut devenir un hub énergétique régional pour l’Afrique de l’Ouest. La SAR pourrait approvisionner des pays voisins comme : Mali, Guinea, Gambie et la Mauritanie.
  7. Stabilité des prix domestiques
    Une raffinerie nationale forte peut aider l’État à mieux réguler les prix du carburant et limiter l’impact des chocs mondiaux sur les consommateurs.

En définitive, la SAR ne concerne pas uniquement le pétrole : c’est un enjeu de souveraineté, d’industrialisation et de développement économique pour le Sénégal. Dans une logique de « Yakar Teranga », cela peut symboliser une confiance dans la capacité du pays à transformer ses ressources en prospérité durable.

Ibrahima MBOW
Ingenieur de conception GC
Chef de département amelioration & conduite du changement