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ARBITRAGE MONDIAL 2026: Le sifflet sénégalais réduit au silence

La liste des arbitres retenus pour la Coupe du monde 2026, dévoilée ce jeudi par la FIFA, a fait l’effet d’un coup de tonnerre à Dakar : aucun officiel sénégalais n’y figure. Un revers pour un pays qui ambitionnait de s’installer durablement dans l’élite arbitrale mondiale.

La sentence est nette, presque brutale. À deux mois du rendez-vous planétaire organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique (11 juin – 19 juillet), le Sénégal disparaît des radars de l’arbitrage mondial. Une absence qui tranche avec la dynamique récente du pays de la Téranga, présent lors de la précédente édition au Qatar avec un trio composé de Maguette Ndiaye, Djibril Camara et El Hadj Malick Samba. Sans diriger de match certes, mais avec une visibilité réelle dans le gotha.

Issa Sy zappé
Cette fois, le vide est total. Aucun des 52 arbitres centraux retenus n’est sénégalais. L’Afrique sera représentée par sept directeurs de jeu : Mustapha Ghorbal (Algérie), Abongile Tom (Afrique du Sud), Pierre Atcho (Gabon), Dahane Beida (Mauritanie), Jalal Jayed (Maroc), Amin Mohamed (Égypte) et Omar Abdulkadir Artan (Somalie).
Numéro 1 sénégalais, Issa Sy voit la porte se refermer malgré une progression constante ces dernières années. Installé parmi les références africaines, il paie sans doute le poids d’un contexte défavorable avec notamment la polémique née de certaines décisions, notamment lors d’un Nigeria-Algérie sous tension à la CAN. Cela semblent avoir pesé, en dépit de la confiance affichée par la Confédération africaine de football (CAF). Neuf autres africains figurent parmi les 88 assistants alors que l’Égyptien Mahmoud Ashour et le Marocain, Hamza El Fariq ont été choisis comme arbitres vidéo.

L’heure d’une remise en question ?
Interrogé sur le processus de sélection, le président de la Commission des arbitres de la FIFA, Pierluigi Collina, a souligné que les officiels retenus représentent « l’élite mondiale », au terme d’un cycle d’observation de trois ans marqué par des séminaires, des évaluations continues et leur engagement dans les grandes compétitions internationales.
Le Sénégal ne présentera ainsi pas d’arbitre central pour un troisième Mondial de rang. Une anomalie à l’échelle de son histoire récente. En 2018, en Russie, Malang Diédhiou incarnait l’excellence en dirigeant trois rencontres, dont un huitième de finale (Belgique-Japon). Son héritier désigné, Maguette Ndiaye, était resté en retrait en 2022, simple arbitre de réserve lors de deux rencontres : Argentine-Arabie Saoudite et Brésil-Serbie. Depuis, les repères se brouillent.

Ndala sanctionné
L’autre absent de marque reste le controversé arbitre de la bouillante finale de la CAN 2025, Jean-Jacques Ndala. Malgré sa reconduction sur la scène continentale, l’arbitre congolais a lui aussi été écarté du Mondial, preuve d’un niveau d’exigence toujours plus élevé.
Pour Malang Diédhiou, désormais président de la Commission centrale des arbitres, le chantier est immense. L’ambition sera de redonner du crédit, renforcer la formation et replacer un sifflet sénégalais au sommet deviennent des priorités. Car la concurrence à l’échelle mondiale n’a jamais été aussi rude : 52 arbitres centraux, 88 assistants et 30 officiels VAR issus de 50 associations composent le plus vaste contingent de l’histoire pour ce premier Mondial à 48 équipes.
Plus qu’une absence, c’est un avertissement. Et peut-être le début d’une remise en question profonde pour un arbitrage sénégalais en quête de renaissance.

Mouhamed DIEDHIOU