JURY D’APPEL DE LA CAF: Les articles 82 et 84 inapplicables dans l’affaire Sénégal-Maroc
Après l’appel introduit par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le Jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a fondé sa décision sur les articles 82 et 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations. Une base juridique toutefois contestée, ces dispositions apparaissant difficilement applicables au cas d’espèce.
En effet, la finale opposant le Sénégal au Maroc, disputée le 18 janvier à Rabat, est allée à son terme et s’est conclue sur le score de 1-0 en faveur des Lions. L’arbitre de la rencontre a, par ailleurs, validé le résultat dans son rapport officiel, sans mention d’un quelconque abandon, refus de jouer ou interruption définitive du match.
Or, les articles 82 et 84 invoqués par la CAF visent des situations bien précises : retrait d’une équipe de la compétition, refus de jouer, absence au match ou encore abandon de la partie avant son terme sans autorisation de l’arbitre.
Le règlement stipule notamment : « Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition, ne se présente pas à un match, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et éliminée. Le match est alors perdu sur le score de 3-0, sauf si l’adversaire bénéficiait déjà d’un avantage plus large ».
Dans le cas présent, aucun de ces éléments ne semble caractérisé. Le match ayant été disputé dans son intégralité et homologué, l’application de ces articles soulève ainsi une question de fond sur la pertinence juridique de la décision rendue par le Jury d’appel.
Cette interprétation controversée relance le débat sur le respect des principes d’équité sportive et de proportionnalité dans les décisions disciplinaires au sein des instances du football africain.
Fatou DIOUF

