JEUX EN LIGNE: Les opérateurs dénoncent une « asphyxie fiscale » à 128%
Les opérateurs de paris et jeux en ligne agréés dénoncent une pression fiscale jugée « insoutenable », atteignant jusqu’à 128%. En réponse aux déclarations du Directeur général de la LONASE, ils alertent sur un risque de disparition des acteurs légaux et appellent à l’ouverture urgente d’un dialogue avec l’État.
Les opérateurs de paris et de jeux en ligne agréés au Sénégal tirent la sonnette d’alarme. Réunis en conférence de presse à Dakar, hier, Seydi Marham Thiam et ses collègues ont dénoncé une situation qu’ils jugent « extrêmement préoccupante », marquée par l’instauration de nouvelles mesures fiscales qualifiées de « répressives » et susceptibles, selon eux, de mettre en péril la survie de leurs entreprises.
Cette sortie fait suite aux déclarations du Directeur général de la Loterie nationale Sénégalaise (LONASE), Toussaint Manga, lors du point de presse du gouvernement tenu le 12 mars 2026 à la Primature. Une intervention à laquelle les acteurs du secteur ont tenu à répondre.
« Si nous avons décidé de prendre la parole, ce n’est ni pour entrer dans une polémique, ni pour adopter une posture politique. Notre démarche répond à une exigence simple : rétablir les faits et éclairer le débat public », ont-ils déclaré d’entrée.
Prenant la parole, Mamadou Badiane, fiscaliste de formation, a dénoncé une pression fiscale « hors norme », estimée à 128%, un niveau qui, selon lui, « dépasse toute logique économique ». Le porte-parole du jour, Seydi Marham Thiam, a renchéri en parlant d’« une pression fiscale répressive », rappelant que le secteur supportait déjà une taxation élevée, atteignant près de 49% des revenus avant l’introduction des nouvelles mesures.
Aussi, les opérateurs ont-ils mis en garde contre les conséquences d’un tel niveau de prélèvement. Ils évoquent notamment une disparition progressive des acteurs légaux, avec des répercussions lourdes pour l’économie nationale. « Cette situation n’est pas seulement insoutenable. Elle est porteuse de conséquences graves. À ce rythme, c’est la disparition progressive des opérateurs légaux qui se profile. Et lorsque les opérateurs légaux disparaissent, tout le monde y perd », a alerté M. Thiam.
Selon eux, « l’État risque de voir ses recettes fiscales et parafiscales diminuer, tandis que des pertes d’emplois directs et indirects sont à craindre ». Ils redoutent également « un marché fragilisé, davantage exposé aux opérateurs illégaux ». Dans ce contexte, les professionnels du secteur appellent les autorités à ouvrir « sans délai » un cadre de dialogue constructif. « Nous sommes prêts à contribuer à l’effort national et à évoluer dans un cadre rigoureux, mais nous demandons simplement que ce cadre garantisse la pérennité des entreprises légalement établies », a précisé leur porte-parole.
Enfin, les opérateurs de ces jeux en ligne et paris communément appelés « Nar-bi » ont tenu à rappeler que le secteur des jeux en ligne constitue un véritable écosystème économique, contribuant à l’emploi, à l’innovation numérique et aux recettes publiques. Un équilibre qu’ils jugent aujourd’hui menacé par un niveau de taxation devenu, selon eux, insoutenable.
Abdoulaye DIAO

