CAN 2025 : SANCTIONS CONTRE LE SENEGAL: Le Maroc pousse la finale en prolongations disciplinaires
Clôturé du côté sénégalais, le dossier disciplinaire de la finale de la CAN 2025 connaît un nouveau rebondissement. L’appel introduit par la Fédération marocaine auprès de la CAF a été accepté et pourrait rouvrir entièrement le débat. Une bataille juridique qui prolonge, loin des pelouses, une finale déjà entrée dans l’histoire… et dont l’épilogue s’annonce encore incertain.
La finale de la CAN 2025 disputée le 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc refuse décidément de se refermer. Près de deux mois après le sacre des Lions, l’affaire continue de produire ses secousses car la Fédération royale marocaine de football (FRMF) avait annoncé, quelques jours plus tard, avoir officiellement interjeté appel des décisions rendues le 29 janvier par le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF).
Une initiative qui tranche avec la position adoptée par la Fédération sénégalaise de football. À Dakar, l’option choisie a été celle de l’apaisement : accepter les sanctions, tourner la page et refermer un épisode qui avait terni la fin d’une finale déjà électrique. Rabat, à l’inverse, estime que le dossier n’a pas été traité à la hauteur de la gravité des incidents.
Dans son argumentaire, la fédération marocaine évoque la « non-conformité des sanctions avec l’ampleur et la gravité des faits » ayant marqué la rencontre. Elle pointe notamment le retrait temporaire de la sélection sénégalaise de l’aire de jeu, l’envahissement du terrain par des supporters, ainsi que les violences et échauffourées qui ont suivi certaines décisions arbitrales. Autant d’événements qui, selon Rabat, auraient été insuffisamment pris en compte par l’instance disciplinaire.
Le Sénégal en danger ?
Selon le journaliste Micky Jnr et plusieurs médias marocains, l’appel déposé par la FRMF aurait été jugé recevable par la CAF. Si cette information se confirme, le dossier serait alors rouvert dans son intégralité. Une nouvelle audience disciplinaire devrait être programmée, avec la possibilité pour les différentes parties de présenter à nouveau leurs arguments et d’apporter d’éventuels éléments supplémentaires.
Un tel scénario relancerait totalement une affaire déjà hautement sensible. Car la réouverture du dossier pourrait conduire à une réévaluation des sanctions prononcées fin janvier, voire à de nouvelles mesures disciplinaires. Sur ce terrain juridique, le Sénégal apparaît comme la partie la plus exposée. Plusieurs observateurs, et même certaines voix au sein de la CAF dont le président Patrice Motsepe, avaient jugé les sanctions initiales relativement clémentes au regard des incidents.
Pour mémoire, la sanction la plus lourde vise le sélectionneur des Lions, Pape Bouna Thiaw. Le technicien a écopé de cinq matchs de suspension dans les compétitions CAF, assortis d’une amende de 100 000 dollars (environ 60 millions de FCFA) pour conduite antisportive et atteinte à l’image du jeu. Sur le plan sportif, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr ont été suspendus deux matchs chacun pour leur comportement envers l’arbitre.
La facture est également salée pour la Fédération sénégalaise de football : 300 000 dollars pour la conduite inappropriée des supporters, 300 000 dollars supplémentaires pour le comportement des joueurs et du staff, ainsi que 15 000 dollars pour mauvaise conduite collective. Au total, l’addition dépasse les 369 millions de FCFA.
Le Maroc n’a pas été épargné pour autant. La protestation visant la fédération sénégalaise pour violation supposée des articles 82 et 84 du règlement de la CAN a été rejetée. Sur le plan disciplinaire, Achraf Hakimi a écopé de deux matchs de suspension dont un avec sursis, tandis qu’Ismaël Saibari a été sanctionné de trois matchs fermes et d’une amende de 100 000 dollars.
La Fédération marocaine a également été condamnée à plusieurs amendes : 200 000 dollars pour le comportement des ramasseurs de balles, 100 000 dollars pour l’envahissement de la zone VAR par des joueurs et membres du staff, et 15 000 dollars pour l’utilisation de lasers par des supporters.
Mais avec l’appel désormais sur la table, la finale de la CAN 2025 pourrait bien s’offrir un nouveau chapitre. Et dans ce match qui se joue désormais dans les couloirs des instances disciplinaires, les prolongations semblent loin d’être terminées.
Mouhamed DIEDHIOU

