« KËR NAFY », NOUVELLE SERIE DE KALISTA SY: La réalisatrice s’interroge sur la place des femmes de 50 ans
Avec « Kër Nafy », sa nouvelle série de huit épisodes, Kalista Sy poursuit son exploration des réalités sociales sénégalaises. Portée par Marième Faye, cette fiction met en scène une femme de 50 ans confrontée à l’infidélité, aux conflits d’héritage et aux injonctions sociales, tout en questionnant la place des femmes d’un certain âge dans la société. Entre drame, résilience et quête de liberté, la série invite à porter un nouveau regard sur des parcours souvent invisibilisés.
Après le succès de productions telles que « Maîtresse d’un homme marié », « Yaay 2.0 », « Hair Lover » et « Plan à trois », Kalista Sy revient avec une nouvelle création intitulée « Kër Nafy ». Composée de huit épisodes de 52 minutes, la série aborde plusieurs questions de société à travers le parcours de Nafy, une femme de 50 ans confrontée à l’infidélité, aux conflits d’héritage et au manque de reconnaissance sociale.
Au cœur de cette fiction, Nafy tente de reprendre le contrôle de sa vie après la mystérieuse disparition de son mari. Déterminée à préserver son indépendance et à conserver la direction de « Kër Nafy », un lodge situé dans le Sine-Saloum, elle engage un véritable combat. Pour sauver l’établissement qu’elle a contribué à bâtir, elle est contrainte de s’associer à Samba, un ancien prétendant devenu homme d’affaires. Une collaboration qui bouleversera son existence lorsqu’elle développera des sentiments pour son nouveau co-directeur, âgé de 35 ans.
À travers cette intrigue, la série met en lumière plusieurs réalités sociales : les conflits conjugaux, l’infidélité, la résilience féminine, la pression sociale liée au mariage et à la maternité, ainsi que les questions d’infertilité, abordées cette fois sous l’angle masculin. Le récit se déploie dans les paysages du Sine-Saloum, où le lodge « Kër Nafy » devient presque un personnage à part entière.
Entre drames familiaux, rivalités autour du patrimoine et quête de liberté, la série mêle émotions, tensions et réflexions sociétales. Les dialogues, nourris de proverbes wolofs et d’expressions françaises, renforcent l’authenticité du récit. Portée par une interprétation remarquée de Marième Faye dans le rôle principal, la fiction explore les thèmes de la déception, du mensonge et du vide émotionnel, tout en célébrant l’amour, la résilience et la force de caractère de son héroïne.
Marième Faye : « Un personnage profondément humain »
En marge de la projection, Marième Faye est revenue sur les défis liés à l’interprétation de Nafy. Comédienne de théâtre expérimentée, elle confie avoir puisé dans son vécu personnel ainsi que dans les expériences de nombreuses femmes pour construire son personnage. « Ce sont des émotions et des sentiments que nous allons chercher dans nos propres histoires, dans ce qui nous entoure et dans les récits de vie des femmes », explique-t-elle.
Pour l’actrice, incarner Nafy représentait une responsabilité particulière tant les problématiques abordées dans la série résonnent avec le quotidien de nombreuses femmes. Son objectif était de donner vie à un personnage sincère, authentique et profondément humain, dont le parcours fait écho à des réalités souvent passées sous silence.
Kalista Sy : « Raconter autrement les femmes de 50 ans »
Pour Kalista Sy, « Kër Nafy » s’inscrit dans la continuité de son engagement à raconter des histoires ancrées dans les réalités sénégalaises. « Nous voulons raconter nos histoires et les porter au monde », affirme la scénariste et showrunneuse.
Selon elle, la fiction répond à un besoin de représentation des femmes de 40 et 50 ans, souvent absentes ou marginalisées dans les récits audiovisuels. À travers le personnage de Nafy, elle met en scène une femme qui choisit de vivre pour elle-même, de défendre son indépendance et de protéger le fruit de son travail.
« Il est très difficile de positionner une femme de 40 ou 50 ans dans notre société. Nafy atteint la cinquantaine et fait face à de nombreuses épreuves, mais elle choisit de se battre pour préserver ce qu’elle a construit de ses propres mains », souligne-t-elle.
Pour Kalista Sy, le storytelling joue un rôle essentiel dans l’évolution des mentalités. « Si nous voulons une société plus ouverte et plus tolérante envers les femmes d’un certain âge, nous devons raconter leurs histoires autrement afin de permettre à la société de les regarder différemment », conclut-elle.
Avec « Kër Nafy », la réalisatrice propose ainsi une réflexion sensible et engagée sur la condition féminine, l’amour, la liberté et la résilience, tout en mettant en lumière des femmes dont les parcours restent encore trop peu représentés à l’écran.
Adama AIDARA

