Population carcérale : 13 685 détenus dans les prisons sénégalaises en 2024
Au total, 13 685 personnes étaient détenues dans les prisons sénégalaises en 2024 contre 12 910 en 2023. Ce sont les statistiques de 2024 de la Direction générale de l’Administration pénitentiaire publiées mardi par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans le volet consacré à la Justice dans son rapport sur la Situation économique et sociale du Sénégal Ed. 2024.L’effectif de la population carcérale au Sénégal est en hausse constante au regard des effectifs qui continuent d’augmenter d’une année à une autre.
En effet, l’analyse des tendances en référence aux données des années précédentes montre, selon l’ANSD, que de 11 675 personnes en 2021, la population carcérale est passée à 12 550 personnes en 2022.
« Elle était évaluée à 12 910 personnes en 2023, avant de s’établir à 13 685 personnes en 2024. Autrement dit, de 2021 à 2024, la population carcérale est passée de 11 675 à 13 685 personnes entre 2021 et 2024, soit un taux d’accroissement annuel de 4,1% », informe l’ANSD.
En réalité, souligne l’agence en 2024, la capacité d’accueil réelle des prisons sénégalaises était de 9768 places. Et, pendant la période sous revue, le taux d’occupation était de 140 détenus pour 100 places. Cette situation est particulièrement marquée dans la région de Kédougou avec un taux d’occupation estimé à 195%.
Les régions de Saint-Louis (178%), de Dakar (166%), de Kaffine (160%), de Diourbel (159%) et de Thiès (157%) présentent également des taux d’occupation très élevés. Les seules régions ayant des taux d’occupation inférieurs à 100% sont Sédhiou (93%), Fatick (91%), et Ziguinchor (56%).
Une situation qui reconnait l’agence en charge des données démographiques, illustre un « surpeuplement carcéral » dans beaucoup de régions.
740 hommes écroués en 2024
En fait, entre ces deux années, l’effectif des hommes a connu une hausse importante de 740 en valeur absolue et 5,9% en valeur relative. Chez les femmes, on note également une hausse des effectifs de 35 en valeur absolue et 9,1% en valeur relative.
Pour ce qui est des raisons qui ont entrainé l’incarcération de ces personnes, les données délivrées par l’Administration pénitentiaire révèlent qu’en 2024, « le vol et le recel » (21,2%) et « la détention de stupéfiants et trafics » (20,9%) représentent les cas d’infractions les plus fréquentes chez les personnes adultes écrouées au Sénégal.
Ils sont ensuite suivis par « les violences et menaces » (11,2%) et les autres infractions (10,4%). Les autres types d’infractions font chacune moins de 5%.
« Chez les mineurs écroués en 2024, les infractions les plus courantes constituent le « vol et recel » (48,9%), les « violences et menaces » (14,3%) et les « infractions sexuelles » (5,7%). Ces infractions sont suivies par les « autres infractions » (5,5%) et les « homocides et violences graves » (2,7%) », lit-on dans le rapport.
La plupart des femmes emprisonnées pour violences et menaces
Chez les femmes écrouées, les «violences et menaces » et les «infractions administratives» constituent les principaux motifs d’incarcération avec respectivement 21,3% et 16,0% des cas d’infractions.
Ils sont suivis de la « détention de stupéfiants et trafics » (14,0%) ensuite viennent les «infractions sexuelles» (7,6%) et l’ «escroquerie» (7,0%). Le «vol et recel» représente 5,6% des cas d’infractions chez les femmes.
Concernant les étrangers écroués, ils sont généralement poursuivis pour « vol et recel » et « détention de stupéfiants et trafics » qui représentent respectivement 21,2% et 20,9% des infractions commises.
Les « infractions sexuelles » et les « infractions administratives » viennent en deuxième position avec 11,1 % pour chacune. Le troisième rang est occupé par les «violences et menaces» avec 8,9%. Les «autres d’infractions» constituent 7,7% des cas d’infractions commises par les étrangers.
La dotation en personnel pénitentiaire est bien en deçà des normes des Nations unies
Il urge également de relever que s’il est noté une surpopulation carcérale au Sénégal, du côté de l’administration pénitentiaire, il est relevé un sous-effectif de personnel. Le personnel des établissements pénitentiaires, en 2024, est dénombré à 2244, dont 1883 hommes (83,9%) et 361 femmes (16,1 %).
Plus de 86,5 % d’entre eux sont des surveillants, 8,5% constituent des agents administratifs et 2,7% travaillent comme contrôleurs. Par ailleurs, les femmes sont moins représentées que les hommes dans toutes les catégories.
« La situation du personnel pénitentiaire est loin d’être satisfaisante en termes d’offre et de couverture. En effet, avec un ratio de 01 surveillant pour 11 détenus, la dotation en personnel pénitentiaire est bien en deçà des normes des Nations unies, qui préconisent un ration d’un (01) agent pour deux (02) détenus », souligne l’ANSD.
En 2024, le Sénégal compte au total 37 établissements pénitentiaires répartis en quatre catégories : 32 maisons d’arrêt et de correction dont une pour femmes (MAC Rufisque) ; deux maisons d’arrêt (maison d’arrêt Rebeuss et maison d’arrêt pour Femmes de Liberté VI) ; une Maison de Correction (Sébikotane) ; deux camps pénaux (Liberté VI et Koutal).

