REGLEMENTATION DE L’USAGE DES DRONES: Un outil qui révolutionne l’agriculture et la sécurité
Longtemps cantonnés au loisir, les drones s’imposent aujourd’hui comme des outils incontournables dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’agriculture et la sécurité. Cette montée en puissance explique la volonté des autorités d’encadrer leur usage à travers une réglementation plus adaptée, incluant des dérogations spécifiques selon les domaines d’intervention.
L’incident du drone tombé lors de la parade des Lions de la Téranga reste un cas isolé et ne saurait résumer la réalité de l’utilisation de ces appareils. Si, dans un cadre récréatif, un survol non maîtrisé a pu susciter des inquiétudes et appeler à une régulation plus stricte, dans d’autres secteurs, les drones font preuve d’une efficacité remarquable.
Une révolution silencieuse dans l’agricultureDans le secteur agricole, l’usage des drones contribue à réduire la pénibilité du travail tout en améliorant la productivité. Cette évolution explique la floraison de nombreuses startups spécialisées dans l’agritech. Désormais, les drones font partie intégrante de l’agriculture moderne.C’est la conviction de Papa Samba Faye, fondateur de l’entreprise Agritech, créée en 2021.
« Les drones permettent de faire la pulvérisation, c’est-à-dire le traitement phytosanitaire des plantes, tout en gagnant énormément de temps », explique-t-il.Selon lui, l’objectif est clair : mettre les outils technologiques au service de l’agriculture, réduire la pénibilité liée à l’utilisation des pompes à dos et limiter les risques sanitaires auxquels sont exposés les agriculteurs.
« Cette méthode est désormais révolue. Le drone permet une pulvérisation plus précise et plus rapide. Il vole au-dessus du champ et traite la surface de manière ciblée. En une heure, il peut couvrir au minimum 21 hectares », souligne Papa Samba Faye.
Il précise qu’avec les méthodes traditionnelles, plusieurs personnes sont mobilisées pendant de longues heures, alors qu’un drone peut pulvériser jusqu’à 100 hectares en un temps réduit. « Il suffit simplement de disposer de deux batteries », ajoute-t-il.
Des startups à l’avant-garde de l’innovation
Cette dynamique s’est illustrée lors de la première et de la deuxième édition du Gov’athon, où plusieurs solutions basées sur l’usage des drones ont été primées.
C’est notamment le cas de la startup Agri Drone Vision, lauréate du troisième prix lors de la première édition.« Agri Drone Vision propose des solutions de pulvérisation, mais aussi de télédétection pour la gestion des cultures. Nous réalisons des cartographies des champs et des traitements ciblés », expliquait Mouhamed Gadiaga, l’un des concepteurs, lors d’un entretien.
Selon lui, là où un agriculteur mettrait six heures pour pulvériser son champ, un drone peut accomplir la tâche en un temps record. Un gain de temps considérable qui impacte positivement la productivité et offre des alternatives efficaces aux méthodes ancestrales. Au-delà de l’augmentation des rendements, c’est aussi la santé des agriculteurs qui est mieux protégée.
« Avec les pulvérisateurs à dos, les producteurs sont directement exposés aux pesticides. Avec les drones, ils sont à l’abri de ces risques sanitaires », souligne-t-il.
Un atout stratégique pour la sécurité
Dans le domaine de la sécurité, les drones font désormais partie intégrante du dispositif des forces de défense et de sécurité. Le 18 février 2025, la Gendarmerie nationale sénégalaise a franchi un nouveau cap dans sa modernisation en réceptionnant des drones tactiques au quartier Samba Diéry Diallo de Colobane.
Avec l’adoption de ces équipements, la gendarmerie renforce significativement ses capacités de surveillance et de lutte contre les menaces transnationales. La Légion de Gendarmerie de l’Air et des Transports Aériens (LGATA) dispose désormais de deux systèmes de drones STRIX 425, des appareils de pointe conçus pour la surveillance en temps réel.
Selon la gendarmerie, ces drones de haute technologie permettent un contrôle plus efficace des zones fluvio-maritimes et frontalières. Ils constituent ainsi un atout majeur dans la lutte contre l’émigration irrégulière et la criminalité transnationale.
Mamadou Lamine CAMARA

