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CAN 2025 – PAPE THIAW APRES LA VICTOIRE SUR LE MALI: « L’objectif a été atteint, le plus important était de se qualifier »

Le Sénégal a validé son billet pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 après sa victoire (1-0) face au Mali, au terme d’un duel âpre et très engagé. En conférence de presse d’après-match, le sélectionneur des Lions, Pape Thiaw, a livré une analyse lucide de la rencontre, mêlant satisfaction sportive, exigences tactiques et émotion personnelle.

TANGER, Maroc (Envoyé spécial) – Le technicien sénégalais ne s’est pas caché : le Mali a été un adversaire coriace. « On s’attendait à un match très engagé de l’équipe malienne, qui a ses qualités et qui nous a posé problème. Nous voulions être patients et attendre le bon moment pour leur faire mal », a-t-il déclaré.Réduit à dix, le Mali n’a pourtant rien lâché, compliquant la tâche des Lions jusqu’au coup de sifflet final.

« Il faut féliciter les Maliens. Même à 10 contre 11, ils nous ont posé énormément de problèmes », a ajouté Pape Thiaw, à propos de ce score qui est resté serré, tout en estimant, à la lumière des nombreuses occasions manqués que le Sénégal aurait pu se mettre à l’abri plus tôt. « À la fin, si on était plus lucides, on aurait pu marquer deux ou trois buts. Mais le plus important était de se qualifier », dit-il.

Des occasions manquées… sans regrets

Interrogé sur le manque d’efficacité offensive, le sélectionneur se veut mesuré. « Des regrets ? Non. On passe quand même. Mais ce sont des choses à rectifier. Les joueurs en sont conscients », a-t-il estimé, insistant davantage sur l’objectif qui a été atteint. A savoir, aller jusqu’au bout de la compétition.

« Il nous reste un match ici à Tanger. On s’était dit qu’on voulait faire au minimum les sept matchs. On va continuer à travailler et espérer plus d’efficacité », a-t-il lâché, nourrissant l’espoir que son équipe se montre plus clinique et efficace en demi-finale et éventuellement aussi en finale pour réaliser le parcours parfait du champion.

« Si je gagne tous les matchs qui restent par 1-0, je signe tout de suite. Le plus important, c’était de se qualifier. Le dernier geste appartient toujours au joueur, mais nous allons continuer à travailler », a-t-il lancé.Gestion du groupe : « Jackson, pas une punition »Concernant certains choix forts, notamment la non titularisation de Nicolas Jackson qui n’est même pas entré en jeu lors de ce duel fratricide face au Mali, lui qui avait eu un geste de mauvaise humeur suite à son remplacement en huitième de finale, Pape Thiaw a tenu à clarifier les choses.

« Jackson, ce n’est pas une punition. C’est un choix du coach. Aucun joueur n’aime sortir, je le sais, j’ai été attaquant. Mais il est dans un bon état d’esprit et il pourra nous faire gagner lors des prochains matchs », a-t-il décliné,Même discours sur la question des cartons et de la rotation. « J’ai 28 titulaires. Quand ils doivent prendre des cartons, ils les prendront. Cependant, je préfère avoir des problèmes de choix que des joueurs suspendus. Le plus important, c’est le collectif », a-t-il répliqué.

Une émotion personnelle assumée

Moment fort de la conférence, l’hommage du sélectionneur à sa mère disparue, suite à une question sur le fait qu’il soit partagé entre le Mali et le Sénégal. Lui qui est de mère Malienne et de père Sénégalais.« Je pense que ma mère, là où elle est, doit être fière de son fils. N’importe quel parent le serait. Elle me disait que dans la vie tout est éphémère et qu’il faut rester soi-même. L’humilité, je la dois à mes parents qui m’ont toujours dit que le plus important c’est l’humain », a-t-il confié d’une voix étreinte par l’émotion jour justifier son humilité et le respect qu’il incarne.

Cap sur la demi-finale, sans esprit de revanche

Alors que le futur adversaire reste à déterminer, Pape Thiaw écarte toute notion de revanche, si ce dernier devait être la Côte d’Ivoire qui joue l’Egypte ce samedi. Cela, du fait que les Eléphants avaient sortis les Lions en huitièmes de finale, aux tirs au buts, lors de la dernière CAN.

« Ce ne sera pas une revanche. En 2024, c’était en huitième. Là, on est en demi-finale et le match se jouera ici à Tanger. Notre objectif est clair, remporter ce trophée », a-t-il réitéré, retenant seulement le fait que le Sénégal est en demi-finale grâce à son sérieux, sa patient et sa solidaire, toujours en quête d’une deuxième étoile.

Harouna DEME