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CAN 2025-QUART DE FINALE: Tom Saintfiet recadre ses propos et assume le plan perdant du Mali face au Sénégal

Au sortir de l’élimination du Mali en quart de finale de la CAN Maroc 2025 face au Sénégal (0-1), le sélectionneur des Aigles, Tom Saintfiet, a tenu à faire une mise au point. Objectif, clarifier certaines déclarations d’avant-match, analyser la rencontre et contextualiser l’usage du mot « guerre », qui avait suscité des interprétations controversées.

TANGER, Maroc (Envoyé spécial) – D’emblée, le technicien belge a regretté une lecture biaisée de ses propos par une partie de la presse. « J’ai vu quelques journalistes écrire des choses que je n’ai pas dites. Quand je parlais du Sénégal, je faisais référence aux adversaires que nous avons affrontés durant la phase de groupes, comme le Maroc ou la Tunisie, qui étaient, selon moi, plus forts que ceux rencontrés par le Sénégal jusque-là. Je n’ai jamais dit que le Sénégal était moins fort », a-t-il clarifié.

Saintfiet a rappelé avoir, au contraire, toujours considéré le Sénégal comme une référence continentale. « Lors de la conférence de jeudi, j’ai clairement dit que le Sénégal est l’une des plus grandes équipes d’Afrique. Et aujourd’hui, on l’a encore vu sur le terrain », a-t-il ajouté.

Une défaite assumée, un scénario défavorable

Sur le contenu du match, le sélectionneur malien n’a pas caché sa frustration, tout en reconnaissant la supériorité initiale des Lions. « Je ne suis évidemment pas satisfait d’une défaite. Le Sénégal a mieux commencé et nous avons encaissé un but évitable, sur une erreur individuelle. Mais notre gardien a ensuite fait un très grand match. Sans lui, le score aurait pu être plus lourd », a-t-il reconnu.

Le tournant de la rencontre reste, selon lui, l’expulsion de son capitaine juste avant la pause. « Le deuxième carton jaune est une décision correcte de l’arbitre. Je l’ai même reconnu à la mi-temps auprès de l’arbitre. Mais jouer encore une fois à dix contre onze nous a énormément pénalisés. C’est le troisième match du tournoi où nous finissons en infériorité numérique », a-t-il relevé tout en assumant son plan de mettre le cursus sur le combat physique plutôt que le jeu et qui a valu à son équipe de finir une fois de plus en infériorité numérique.

Un choix tactique réfléchi

En effet, accusé par certains d’avoir trop subi, Saintfiet a défendu sans détour son plan de jeu. « Nous avons volontairement attendu les dix dernières minutes pour prendre plus de risques. À dix contre onze, se découvrir trop tôt, c’est s’exposer à un deuxième but, et là, le match est terminé. Après le match, on peut toujours dire qu’on aurait dû jouer autrement. Mais personne ne sait ce qui se serait passé à onze contre onze. Peut-être qu’on aurait marqué, peut-être qu’on en aurait encaissé trois », a-t-il assumé.

« Le Sénégal est une très bonne équipe et il l’a démontré depuis le début de la compétition en marchant sur ses adversaires. Là, on sort du tournoi, c’est fort dommage. Mais on l’accepte. Parce qu’en face, il y avait un adversaire de taille qui nous a été supérieur », a concédé Tom Saintfiet.

Une « guerre » purement footballistique

Revenant sur le terme « guerre » employé avant la rencontre, le technicien Belge a tenu à dissiper toute ambiguïté. « Ce sont des mots de football. Je ne parle pas d’une guerre entre pays ou de soldats. Depuis plus de cinquante ans, des entraîneurs disent que le football est une guerre dans le sens de combat sportif. Je ne suis pas francophone, j’utilise mon vocabulaire, mais il n’y a aucune hostilité derrière », a-t-il tenté d’atténuer face au tollé suscité par ses propos.Disant être très attaché à l’Afrique de l’Ouest, il a tenu à rappeler son lien personnel avec la région.

« J’aime le Sénégal. Je suis Gambien, fier de mon passeport gambien. Mais sur le terrain, on se bat pour gagner. Le football, ce n’est pas un sport de plage ou on prend du plaisir, c’est la compétition avec comme finalité la victoire », a-t-il martelé.

Fierté malgré l’éliminationMalgré la sortie prématurée, le sélectionneur du Mali s’est dit fier de ses joueurs. « Perdre 1-0, après avoir eu l’occasion d’égaliser, à dix contre onze, c’est une performance. Cette équipe est solide, unie, et a respecté le plan de jeu défini. Je suis fier d’elle », s’est-il exclamé.

Une élimination douloureuse, mais assumée, qui laisse l’image d’un Mali combatif, tombé face à un Sénégal réaliste, expérimenté et supérieur sur tous les plans.

Harouna DEME