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CAN 2025- SÉNÉGAL-RD CONGO: Un sommet pour s’affirmer roi du groupe D

Tombeurs sans trembler du Botswana pour leur entrée en lice, les Lions du Sénégal abordent ce samedi à 15h GMT, au stade Ibn Batouta de Tanger, un rendez-vous autrement plus révélateur face à la RD Congo. Principal rival du groupe D, l’adversaire congolais promet un test grandeur nature pour les hommes de Pape Thiaw, sommés de confirmer leur statut et d’afficher leurs ambitions dans cette CAN 2025.

TANGER, Maroc (Envoyé spécial) – Le décor est planté, les faux-semblants rangés au vestiaire. Ce samedi à 15h GMT, au stade Ibn Batouta de Tanger, le Sénégal passe à l’examen de vérité face à la RD Congo lors de la 2e journée de la CAN 2025. Auréolé d’un succès maîtrisé sans forcer face au Botswana (3-0), le Sénégal change clairement de registre.

Ce deuxième match de groupe a des allures de juge de paix. En face, la RD Congo, que les Lions connaissent par cœur pour l’avoir croisée récemment lors des éliminatoires du Mondial 2026.

Un duel chargé de souvenirs, notamment cette folle soirée de Kinshasa en septembre dernier, quand les Lions, menés 2-0 après 33 minutes, avaient renversé la situation (3-2). Une remontada encore fraîche dans les esprits, autant comme référence que comme avertissement.

Un choc tactique et mental pour jauger les Lions

Ce Sénégal-là n’est plus tout à fait celui des Martyrs. Le temps a fait son œuvre, le groupe s’est densifié et presque tous les postes sont désormais doublés. Un luxe rare en phase de groupes, qui offre à Pape Thiaw une palette de choix inédite pour son premier grand test continental.

Le sélectionneur est attendu au tournant, notamment dans son approche tactique. Repartir sur le 4-2-3-1 très offensif aperçu contre le Botswana, ou rééquilibrer l’ensemble avec un 4-3-3 plus prudent pour répondre au système similaire de Sébastien Desabre ? Le dilemme est réel.

Dans cette réflexion, la colonne vertébrale sénégalaise pèsera lourd. Edouard Mendy dans les buts, Kalidou Koulibaly en patron de la défense, Idrissa Gana Gueye à la régulation et Sadio Mané en leader offensif. Autant de cadres habitués aux grands rendez-vous, capables d’élever le niveau collectif lorsque la pression monte et qui seront appuyés par des lieutenants tout aussi importants. Face à une RD Congo athlétique et joueuse, la maîtrise émotionnelle et l’entame de match seront déterminantes.

Les Lions savent qu’ils ne pourront pas se permettre un départ poussif comme à Kinshasa. Pape Thiaw devra résoudre les différentes équations et concocter un onze où il devra trancher entre Ismail Jakobs et El Hadji Malick Diouf pour celui qui sera titularisé sur le côté gauche de la défense.RDC, un rival historique, mais un danger bien réelSi l’histoire sourit largement au Sénégal, invaincu face aux Léopards depuis 1969 (six victoires et cinq nuls sur les onze dernières confrontations), la dynamique actuelle invite à la prudence.

Cette RD Congo n’a plus rien d’une équipe sur courant alternatif et à court de rythme. Qualifiée pour le dernier tour des barrages du Mondial 2026 après avoir sorti le Nigeria (1-1, 4 tab 3) et dominé le Cameroun (1-0), elle avance avec une confiance renouvelée.Tombeurs laborieux mais efficaces du Bénin (1-0) lors de la première journée, les Léopards chercheront, eux aussi, à enchaîner pour s’installer en tête du groupe D.

Plusieurs joueurs, en manque de rythme lors du duel de septembre, arrivent cette fois lancés par leurs performances en club. Plus affûtée, plus sûre de ses forces, la RDC se présente en véritable prétendante.Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse largement les trois points. Une victoire qualifierait les Lions pour les huitièmes de finale, leur offrirait une option sérieuse sur la première place du groupe D et le privilège stratégique de rester à Tanger jusqu’aux demi-finales.

Un détail logistique en apparence, mais un atout majeur dans une compétition longue et exigeante.Cette affiche face aux Léopards ressemble déjà à une « finale intermédiaire », la deuxième des sept rendez-vous que les Lions se sont fixés sur la route de la deuxième étoile. Dans le froid de Tanger, c’est un duel de fauves qui s’annonce explosif et sans faux-semblant. Et peut-être le moment précis où le Sénégal dira, enfin, s’il est prêt à tout ravager sur son passage.

Mouhamed DIEDHIOU