FOOF : CAN 2025Les Lions et l’Afrique piégés par la nouvelle donne de la FIFA !
À trois semaines du coup d’envoi de la CAN 2025, la préparation du Sénégal, comme celle des 23 autres sélections, pourraient se retrouver bouleversée. La FIFA a désormais autorisé les clubs à retenir leurs joueurs jusqu’au 15 décembre, une décision qui pourrait tronquer la préparation, perturber les stages et remettre en cause l’équité de la compétition.
La nouvelle est tombée comme un couperet. Alors que la FIFA avait initialement fixé au 8 décembre la date limite de mise à disposition des internationaux, l’instance mondiale a informé les clubs qu’ils pourront finalement retenir leurs joueurs jusqu’au 15 décembre, selon les informations révélées par Taggat.
Un changement lourd de conséquences, qui redistribue brutalement les cartes de la préparation des sélections africaines.Pour le Sénégal, cette décision chamboule tout. La remise officielle du drapeau national, prévue le 12 décembre à Dakar, pourrait se tenir sans une partie des cadres évoluant en Europe. Une image affaiblie, presque paradoxale, pour un pays champion d’Afrique 2021 et prétendant majeur au titre.
Pire, les Lions, qui espéraient un ultime match amical à Dakar le 13 décembre, pourraient ne jamais en bénéficier. Privé de ses internationaux, le staff de Pape Thiaw ne pourra pas mettre en place les automatismes, les repères et les charges de travail initialement prévus. Une préparation amputée, contrainte, forcée.
Stages annulés, plans renversés : les sélections déstabilisées
Comme si cela ne suffisait pas, TotalSport annonce que le stage en Tunisie, pourtant validé il y a plusieurs jours, et le match amical qui devait s’y tenir sont annulés. Une délégation fédérale se trouve d’ailleurs déjà à Tanger et devait rallier Tunis. Tout vole en éclats.Les Lions devraient donc rejoindre directement Tanger, sans match de préparation, comme lors de la CAN 2021.
Un scénario minimaliste, loin des standards internationaux, mais que certains verront comme un clin d’œil du destin. Le Sénégal n’avait disputé aucune rencontre amicale avant son unique sacre continental au Cameroun.Le problème dépasse toutefois largement la Tanière. Les 23 autres nations engagées vivent la même situation.
Impossible d’organiser des stages cohérents, difficile de programmer des matches amicaux, impensable de tester des schémas ou des associations dans un contexte où les joueurs n’arriveront qu’à six jours du début de la compétition.Cette décision marque un nouveau revers pour l’Afrique, déjà fragilisée par la périodicité controversée de la CAN.
Entre calendrier européen surchargé, fenêtre internationale réduite et pression des clubs, les sélections se retrouvent une fois encore démunies face aux réalités du football mondial.
Une CAN tronquée ?
Le risque est clair : celui d’une compétition faussée, où des équipes entreront en lice avec un manque criant de préparation, où les blessures pourraient exploser, où les automatismes seront bricolés à la hâte. Une CAN dans laquelle la fraîcheur physique primera peut-être davantage que la qualité tactique.Le Sénégal, lui, avancera dans un brouillard familier. Déjà privé d’amical en 2021… pour finir champion.
Mais à l’échelle du continent, la question demeure : comment espérer une compétition équitable quand les sélections n’ont pas les mêmes leviers que les clubs européens ?À trois semaines du rendez-vous marocain, une certitude demeure. La CAN 2025 commencera bien avant le 21 décembre. Elle a déjà commencé, dans les bureaux, les reports et les renoncements. Sur un terrain où l’Afrique, encore une fois, joue à contretemps.
Mouhamed DIEDHIOU

