METHODES CONTRACEPTIVES: Les implants plébiscités par 68,3 % des femmes
L’offre en matière de planification familiale au Sénégal est variée : hormonale, mécanique ou chirurgicale. Parmi elles, les implants se démarquent comme la méthode la plus prisée, avec un taux d’acceptabilité de 68,3%, selon Sina Diop, membre de l’Association nationale des sages-femmes d’État du Sénégal (ANSFES).
Lors d’un forum communautaire sur le thème « Médias et communautés en synergie pour une planification familiale inclusive et éclairée », organisé par l’Association des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec l’International Budget Partnership (IBP), Mme Sina Diop, membre de l’Association nationale des sages-femmes d’État du Sénégal (ANSFES), a dressé un état des lieux des méthodes contraceptives les plus utilisées au Sénégal.
« Les plus adoptées sont les implants (68,3%), suivis du dispositif intra-utérin (61,4%) et des injectables (50,4%) », a précisé la spécialiste, qui également certifiée en gestion de projet et santé mentale. Elle explique que ce choix repose sur plusieurs facteurs : l’autonomisation des femmes, le contrôle de leur vie reproductive, l’importance de l’information et de l’éducation, mais aussi l’influence culturelle et religieuse, ainsi que l’accessibilité à des services de qualité.
L’implication des conjoints et des communautés joue également un rôle central.Il existe cependant tout un panorama des méthodes disponibles. Notamment, les méthodes hormonales (pilules, injectables, implants, patchs, anneau vaginal) celles mécaniques/barrières (préservatifs, diaphragme), mais aussi les dispositifs intra-utérins (DIU) avec le cuivre ou l’hormonal. En plus, des méthodes chirurgicales (ligature des trompes, vasectomie).S’y ajoutent les méthodes naturelles (MAMA, calendrier Ogino-Knaus, observation de la glaire cervicale, méthode de la température, symptothermique, retrait), qui ne provoquent pas d’effets secondaires physiques, mais restent limitées dans la durée et en fiabilité.
Mme Diop a rappelé que chaque méthode présente des inconvénients. La pilule par exemple peut causer des nausées, des maux de tête et une prise de poids. Les injectables peuvent engendrer des irrégularités menstruelles, l’aménorrhée. Les implants peuvent provoquer des saignements irréguliers, des céphalées. Les dispositifs DIU cuivre s’accommodent parfois de règles abondantes, de douleurs.
Ceux DIU hormonal pouvant induire le spotting, l’aménorrhée. Ces effets expliquent en partie la réticence de certaines femmes.Malgré la diversité des méthodes, le Sénégal enregistrait en 2023 un taux d’utilisation de la planification familiale de seulement 26% parmi les femmes en âge de procréer, loin de l’objectif de 46% fixé pour 2028.La sage-femme souligne que l’implication des hommes reste insuffisante.
« La santé de la reproduction n’est pas uniquement l’affaire des femmes, insiste-t-elle. Dans le traitement de l’infertilité par exemple, seuls les femmes consultent, alors que le couple doit être pris en charge ».Pour elle, cette absence s’explique surtout par le manque d’éducation sexuelle et les tabous persistants autour de la sexualité. À cela s’ajoutent la désinformation et les rumeurs, souvent amplifiées sur les réseaux sociaux.
« Beaucoup se fient à des informations erronées diffusées pour attirer des vues. Cela freine l’adhésion à la planification familiale », regrette Mme Diop.Face à ces défis, l’ANSFES mise sur des campagnes de sensibilisation, en s’adressant directement aux femmes mais aussi aux couples. Mme Sina Diop investit désormais les réseaux sociaux pour rétablir la vérité et diffuser une information fiable sur la planification familiale.
Viviane DIATTA

