SYSTÈME DE SANTÉ RÉSILIENT: Le Sénégal engage une réforme hospitalière pour une gouvernance plus efficace
Le Sénégal amorce un tournant décisif dans la modernisation de son système de santé. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a officiellement lancé, hier, une réforme hospitalière ambitieuse visant à bâtir un dispositif plus performant, résilient et centré sur le patient.
Au cœur de la réforme hospitalière lancé, hier, à Dakar, par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, il y a le renforcement durable de l’efficacité des Établissements publics de santé (EPS) et l’amélioration de la qualité des soins offerts aux populations. L’objectif affiché est clair : asseoir un système de santé à fort impact, capable de répondre aux exigences croissantes des citoyens.
Selon le Secrétaire général du ministère, Serigne Mbaye, cette réforme s’inscrit dans une logique de complémentarité entre les secteurs public et privé. « Ces deux composantes doivent avancer ensemble vers un objectif commun : mieux servir les populations », a-t-il souligné, insistant sur le fait que la bonne gouvernance hospitalière repose sur des principes concrets : des décisions prises en temps opportun, conformes à l’intérêt général et à la légalité, une gestion rigoureuse des ressources, une culture de redevabilité et de transparence, ainsi qu’une prise en charge optimale des patients.
Un cadre juridique renforcé vient soutenir cette dynamique. « La loi d’orientation n°2022-08 du 19 avril 2022 marque un tournant décisif. Elle redéfinit les règles du jeu et impose une culture de résultats adossée à la transparence », a expliqué Serigne Mbaye. Le texte prévoit notamment le renforcement du rôle stratégique des organes délibérants et une responsabilisation accrue de l’ensemble des acteurs du système.
Au-delà des textes, le responsable met en avant l’importance des pratiques. « La gouvernance ne s’impose pas uniquement par des lois. Elle se construit également à travers les expériences de terrain et les bonnes pratiques », a-t-il fait valoir, rappelant que les EPS incarnent au quotidien la présence de l’État auprès des populations.
Si des avancées notables ont été enregistrées depuis la réforme hospitalière de 1998, les autorités reconnaissent la nécessité d’adapter le système aux réalités actuelles. La demande en soins de qualité ne cesse de croître, portée par des citoyens de plus en plus exigeants. « Dans ce contexte, l’improvisation n’a plus sa place. La gouvernance doit devenir un véritable levier de performance », a insisté le secrétaire général. Derrière cette réforme, une réalité humaine demeure : répondre aux attentes de milliers de patients en quête de soins accessibles, dignes et de qualité.
De son côté, Abdoulaye Diop a souligné la nécessité de revoir les mécanismes de gouvernance administrative et financière. Il plaide pour un dispositif plus efficace, sans entraver la dynamique institutionnelle, mais encadré par des mécanismes solides inspirés des meilleures pratiques. Dans cette perspective, le Contrôle financier s’engage à accompagner le ministère, notamment à travers des programmes de formation destinés à renforcer les capacités des membres des conseils d’administration et des directeurs d’hôpitaux.
Cette réforme, à la fois structurelle et opérationnelle, ambitionne ainsi de repositionner l’hôpital sénégalais comme un pilier central d’un système de santé moderne, performant et résolument tourné vers le bien-être des populations.
Viviane DIATTA

