Juan Branco tacle le gouvernement de Sonko
Il y a quelques semaines, Guy Marius Sagna interpellait l’actuel gouvernement sur les nouveaux développements dans le dossier de l’arrestation de Juan Branco à Dakar, en aout 2023. Le député avait adressé, le 21 juillet dernier, une question écrite au ministre de la Justice.
Dans la correspondance, il lui demandait, en somme, s’il est «vrai que cela fait un an que la justice espagnole demande aux autorités sénégalaises de leur transmettre les informations dont elles disposent relatives à l’enlèvement de l’avocat Juan Branco en Mauritanie et son incarcération à Dakar?»
«Est-ce vrai que malgré plusieurs relances aucune information n’a été mise à la disposition de la justice espagnole ?», a insisté le député dans sa question écrite envoyée au Garde des Sceaux. Juan Branco, de son côté, a pris la balle au rebond. Dans une Tribune postée sur ses plateformes numériques, il a fait un bref rappel de cette épisode tumultueux.
«J’ai été enlevé en Mauritanie par les services secrets du régime, amené à Nouakchott, et après deux jours de détention arbitraire dans plusieurs endroits restés secrets, cagoulé, menotté par des agents en civil et transbordé au Sénégal via le fleuve Rosso, d’où un convoi de militaires lourdement armés, sans identification, m’a amené de terrain vague en terrain vague, avant de me confier à d’autres forces para-étatiques, et d’enfin me livrer à Saint-Louis, à la Bic, pour me faire incarcérer», narre Branco.
Et d’enchainer : «On a voulu me faire encourir la perpétuité. Parce que j’avais défendu un homme». L’avocat franco-espagnol a ensuite tressé les lauriers à l’auteur de la question écrite : «Il y a des êtres qui font merveille et dont la capacité à maintenir le cap, coûte que coûte, force l’admiration. C’est le cas, au Sénégal, du révolutionnaire Guy Marius Sagna. Il est un exemple et un Panthéon», dit-il.
Mais, si Juan Branco s’est voulu dithyrambique à l’égard du député et de son initiative, il s’est montré peu agréable à l’endroit du gouvernement qui serait resté muet sur la question écrite de Guy Marius Sagna.
«Aucune réponse n’a été apportée à sa sollicitation par le gouvernement de celui pour lequel j’aurai traversé, deux jours durant, en pirogue, l’océan, après avoir passé quatre jours sur le territoire sénégalais, pour défier le pouvoir qui le voulait dévasté, et lui rappeler, tandis que tous se terraient, qu’il ne serait jamais abandonné», a-t-il plaqué sur le mur de la Page Facebook. Les autorités sénégalaises apprécieront.

