Hongrie: le maire de Budapest interrogé par la police après la marche des fiertés
Le 28 juin dernier, plus de 200 000 personnes participaient à la Marche des fiertés à Budapest. En 30 ans d’existence, jamais la « Pride » de Budapest n’avait connu un tel succès, en dépit d’une interdiction officielle par le gouvernement de Viktor Orban. Face au succès de la Marche, la police a renoncé à poursuivre les participants. Mais le Bureau d’enquête nationale a néanmoins ouvert une enquête sur l’organisation du défilé et vendredi 1er août 2025, le maire de Budapest a été interrogé par la police en tant que suspect.
À la sortie de son interrogatoire, le maire de Budapest, très applaudi par ses sympathisants, rend hommage avec humour à la police hongroise. Non seulement elle n’a pas empêché la Marche des fiertés, mais elle a assuré le bon déroulement du défilé. « Un grand bravo à la police, grâce à elle… la Pride de Budapest s’est bien passée ! »
Portant un tee-shirt noir aux couleurs arc-en-ciel, (avec les armoiries de Budapest), Gergely Karácsony déclare qu’il a refusé de répondre aux questions des enquêteurs. Selon lui, le défilé du 28 juin était tout à fait légal, car le maire avait requalifié l’événement en fête municipale. Or ce type de festival n’a pas besoin d’autorisation. Il ne peut donc pas être interdit. « Je serais vraiment étonné que la police décide de m’inculper. Les accusations ne tiendront pas la route devant les juges. »
Le maire de Budapest en est persuadé : le gouvernement est de plus en plus impopulaire. Et Viktor Orban pourrait bien perdre les prochaines élections au printemps 2026. « Le changement, ce n’est pas seulement se débarrasser d’un pouvoir cruel. On veut une vraie république, qui protège tous les citoyens. C’est pour ça qu’on votera en avril prochain ! » Le maire écologiste s’estime poursuivi « pour raisons politiques », et a lui-même porté plainte contre les autorités.

