LA CHRONIQUE DE MLD: Trump, la négation de l’esprit sportif. Par Mamadou Lamine DIATTA
C’est parti pour la phase finale de la coupe du monde de football, l’événement sportif le plus populaire de la planète en ce qu’il charrie un véritable patchwork d’efforts physiques, de divertissement, d’émotions mais également de soft-power et de puissance financière.
Pendant plus d’un mois (11 juin/ 18 juillet 2026), la politique politicienne et les débats de caniveau n’auront aucune raison de tenir le haut du pavé en cannibalisant par ricochet les urgences existentielles. Une pause imposée par ce sport- roi qui mobilise 8,3 milliards de passionnés.
À y voir de près, cette coupe du monde de football 2026, c’est juste l’image de la démesure américaine dans tous ses états et surtout ses éclats.
Pourtant 13 matchs sont prévus au Canada et le même nombre de rencontres au Mexique mais les 78 matchs qui se joueront aux USA auront tout vampirisé au final. Ainsi va ce monde déréglé !
La faute à ce Trump qui incarne carrément la multiplication de dérives irrationnelles en ce qu’il a fini d’infantiliser Gianni Infantino,patron de la FIFA, réduit à se comporter en suppôt, prêt à accepter tous les caprices de ce Leader US qui se moque goulûment des valeurs cardinales liées à l’esprit sportif…Témoin, sur l’affaire Omar Abdulkadir Artan, du nom de cet arbitre Somalien privé injustement de Mondial, seule l’UEFA du Slovène Alexander Ceferin a tenu la dragée haute au « tout- puissant » gendarme du monde. L’instance faîtière du football européen a fait preuve de Leadership en honorant l’arbitre africain fraîchement désigné pour diriger la Super- Coupe d’Europe qui opposera le Paris Saint-Germain au club anglais d’Aston Villa. Au même moment, la CAF du ténébreux Motsepe, dort encore profondément avec au compteur zéro soutien à l’endroit du pauvre arbitre Somalien. Décidément, au regard des enjeux géopolitiques du football, l’Afrique continue de se morfondre dans la périphérie comme pour ne pas gêner Maître Infantino lui-même maqué à un Leader américain auquel il obéit au doigt et à l’œil. Dans un tel contexte, cet aplatissement des dirigeants du football continental explique aisément la complicité honteusement affichée lorsque la FIFA nous avait contraint à organiser désormais la CAN tous les quatre ans pour protéger les clubs européens qui fournissent l’essentiel du contingent des joueurs qui livrent cette prestigieuse compétition
Le Sénégal dans tout ça ?
Au-delà du prestige d’une 4 ème participation à cette grand’ messe du football international, la sélection sénégalaise de Pape Thiaw aura l’insigne honneur de faire partie des 10 représentants du continent aux côtés du Maroc, de l’Égypte,de la Côte d’Ivoire, de la RD Congo, de la Tunisie, du Cap- Vert, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de l’Algérie…
Les Lions, symboles de notre rayonnement à l’international, devront sortir le grand jeu pour croiser le fer et battre la France, vice-championne du monde en titre. Plus qu’un simple match de football, cette rencontre qui va consacrer notre entrée en lice dans cette cour des grands du monde sera sûrement suivie et décortiquée en mondovision. De quoi offrir gratuitement une exposition planétaire à ce pays, petit par la superficie et grand par la qualité de son capital humain. Avec l’insouciance, l’agressivité, le talent et un zeste de précision dans le dernier geste, ces Lions peuvent bel et bien sortir vainqueurs de ce duel de prestige. De quoi lancer en grande pompe leur Mondial en redonnant le sourire et la confiance à 18 millions de concitoyens désabusés et rattrapés par une crise économique aiguë…
C’est toute la magie du football !

