Politique

Me Ibrahima Diaw fait la leçon aux députés de Pastef

Le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur la réforme du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, déclarant certaines dispositions inconstitutionnelles. Invité de l’émission « Le Jury du dimanche », Me Abdoulaye Diaw a vivement critiqué ces mesures, tout en saluant la clarté de la décision des Sages. Il appelle à un respect strict du principe de séparation des pouvoirs.
« Le Conseil constitutionnel a clairement indiqué que certaines dispositions du projet de révision du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale sont contraires à la Constitution. Dès le départ, nous savions que ces mesures étaient incompatibles avec le principe de séparation des pouvoirs », a-t-il déclaré. Selon Me Diaw, la tentative de convoquer des magistrats devant les parlementaires constitue une dérive grave. Il souligne que les juges, protégés par la loi dans l’exercice de leurs fonctions, doivent agir en toute indépendance. « Comment peut-on imaginer qu’un juge, qui rend une décision en toute conviction, soit convoqué par des parlementaires, dont certains n’ont pas de connaissances juridiques ? Pour quoi faire ? » s’interroge-t-il. « Cela porte atteinte au respect dû à l’autorité judiciaire », ajoute-t-il.
Concernant le projet de loi d’amnistie, Me Diaw juge certaines interprétations juridiquement infondées ou biaisées. Il appelle néanmoins à la prudence et à la correction des éventuelles dérives. « On a cherché à extraire des éléments de la loi non conformes à la Constitution. Nous espérons qu’il s’agit d’erreurs temporaires, qui seront rectifiées », précise-t-il.
Pour Me Diaw, ces deux dossiers traduisent une tendance préoccupante à instrumentaliser les textes juridiques, au détriment de l’équilibre institutionnel. Il plaide pour une gouvernance respectueuse des principes républicains, où chaque pouvoir reste dans son rôle.