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France: une pétition contre la loi Duplomb réunit 500 000 signatures, un record

Une pétition demandant l’abrogation de la loi Duplomb et sa mesure très contestée de réintroduction d’un pesticide a réuni, samedi 19 juillet, 500 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Du jamais-vu, rouvrant la voie à une discussion sur le bien-fondé de cette loi, mais pas à son réexamen.

Lancée par une étudiante le 10 juillet, soit deux jours après l’adoption du texte du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, la pétition a franchi samedi à 16h (14h TU) la barre des 500 000 signatures. À partir de ce seuil, et si les signatures sont issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale peut décider d’organiser un débat en séance publique. Mais seule la pétition sera débattue ; la loi ne sera pas réexaminée sur le fond, et encore moins éventuellement abrogée. Aucune pétition n’a jamais été débattue dans l’hémicycle dans l’histoire de la Ve République.

La pétition demande l’abrogation de la loi, qui contient notamment la réintroduction à titre dérogatoire d’un pesticide qui avait été interdit en France, le relèvement des seuils d’autorisation environnementale pour les bâtiments d’élevage et la facilitation des constructions relatives au stockage de l’eau. Lancée par Éléonore Pattery, étudiante en master de 23 ans, la pétition a suscité un engouement inédit, abondamment relayée sur les réseaux sociaux par des personnalités comme l’acteur Pierre Niney et de nombreux députés de gauche.

« Grâce à votre mobilisation, l’Assemblée nationale devra à nouveau débattre de ce texte qui met en danger notre planète et notre santé », a réagi le parti La France insoumise, dans un message sur X relayé par son leader Jean-Luc Mélenchon. Le patron des députés socialistes Boris Vallaud a réclamé l’inscription de la pétition à l’ordre du jour de l’Assemblée « dès la rentrée », pour permettre un débat. Et Delphine Batho, députée Génération Écologie, a demandé à Emmanuel Macron de « ne pas promulguer » la loi.

RFI