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Interpol: un ancien ministre moldave soupçonné de corruption extradé vers la France

Un ex-ministre de la Justice moldave, Vitalie Pirlog, a-t-il contribué à effacer des notices rouges Interpol pour que des fugitifs de haut vol échappent à la justice ? Cet homme de 50 ans, arrêté aux Émirats arabes unis mi-juin, a été extradé et mis en examen en France vendredi 18 juillet.

Vitalie Pirlog, ancien ministre de la Justice moldave, a été extradé vendredi 18 juillet des Émirats arabes unis vers la France, après avoir été interpellé un mois plus tôt à Dubaï, en vertu d’un mandat d’arrêt européen. À son arrivée, il a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, trafic d’influence, usage de faux, corruption d’agent public étranger et complicité de soustraction à l’arrestation.

Le suspect a demandé un délai pour sa comparution devant un juge des libertés et de la détention, qui devra alors prochainement décider s’il l’incarcère ou le laisse en liberté. Dans l’attente de ce débat, il a été incarcéré, selon la source judiciaire. « La délivrance de ce mandat d’arrêt est incompréhensible, car M. Pirlog a lui-même donné son adresse aux Émirats au parquet national financier » et dit « qu’il attendait sa convocation pour être interrogé dans les formes prévues par les conventions internationales », a réagi son avocat, Maître Emmanuel Marsigny, interrogé par l’AFP. « M. Pirlog n’est certainement pas quelqu’un qui a voulu fuir la justice, bien au contraire », a insisté Me Marsigny.

Le « cerveau » d’un dispositif de corruption

L’enquête avait démarré le 25 août 2023 « sur la base d’informations fournies par Interpol », avait indiqué le procureur national financier Jean-François Bohnert dans un communiqué révélant l’affaire, en juin 2024. Pour la justice française, ce serait lui « le cerveau » d’un important dispositif de corruption. Vitalie Pirlog, aurait mis en place un réseau destiné à faire effacer des notices rouges diffusées par Interpol, l’agence internationale de coopération policière sise à Lyon, permettant à plusieurs fugitifs d’échapper aux poursuites internationales.

Ces notices, diffusées aux pays membres d’Interpol, servent à localiser et arrêter des personnes recherchées, notamment dans le cadre de mandats d’arrêt internationaux. Mais lorsqu’un individu visé demande l’asile politique, une commission interne peut décider de suspendre ou retirer la notice, afin d’éviter qu’un mandat ne soit utilisé à des fins politiques par des régimes autoritaires.

RFI