Dr Cheikh Gueye, lors de la remise du rapport final DN « Ce dialogue a été une thérapie contre les rancœurs, les crispations et les violences »
Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a reçu, ce lundi, le rapport final du Dialogue national sur le système politique, tenu du 28 mai au 4 juin dernier. Un document de 113 pages, riche en recommandations, fruit d’une large concertation ayant mobilisé plus de 700 participants en présentiel.
Lors de la remise officielle au palais présidentiel, du rapport final du Dialogue national sur le système politique, tenu du 28 mai au 4 juin dernier, le facilitateur général du dialogue, Dr Cheikh Gueye, a livré un message fort : « Ce dialogue a été une thérapie contre les rancœurs, les crispations et les violences, qui, nous l’espérons, laisseront désormais place à un apaisement durable ». Il a salué un moment intense d’écoute républicaine et d’ouverture démocratique, qualifiant ce processus d’« exercice de maturité politique nationale ».
Pour Dr Gueye, le rapport marque une étape décisive. « Ce rapport contient un message puissant : le temps est venu pour le Sénégal d’assainir son système politique, de le rendre plus éthique, plus transparent, plus inclusif », a-t-il martelé, invitant l’ensemble des institutions, mais aussi les citoyennes et citoyens, à s’approprier les conclusions du dialogue. « La parole a été dite. Le moment est venu d’agir. Ensemble ! Pour un Sénégal réconcilié avec ses valeurs profondes », a-t-il asséné, soulignant que « des compromis ont été trouvés, des désaccords assumés, mais surtout, une volonté commune d’avancer vers une révolution démocratique tranquille ».
Le rapport contient 18 recommandations, certaines appelant à une révision constitutionnelle, d’autres à une refonte du code électoral ou à l’adoption de nouveaux textes législatifs et réglementaires. Parmi les mesures phares, figure notamment la modification de l’article 38 de la Constitution pour consacrer l’incompatibilité entre les fonctions de chef de l’État et celles de chef de parti. Un comité technique restreint ad hoc a été mandaté pour rédiger les projets de réformes, évaluer leurs implications budgétaires, juridiques et institutionnelles, et en assurer la mise en œuvre. L’objectif : garantir la continuité du processus et sa traduction concrète.
L’un des points saillants du discours du facilitateur a été la dénonciation de la prégnance de l’argent en politique. « Ce dialogue a révélé une attente forte, partagée, presque unanime : rompre avec la captation du pouvoir par l’argent, dénoncer les logiques opaques de financement, mettre fin aux pratiques clientélistes qui minent la crédibilité de notre démocratie », a-t-il dit, relevant qu’un changement de paradigme est nécessaire. « La refondation appelle un nouvel acteur central,longtemps relégué : le citoyen », a-t-il lancé en appelant à « faire de la transparence, de la responsabilité et de l’exemplarité non plus de simples slogans, mais les fondements vivants de la République sénégalaise ».
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