RÉVÉLATIONS SUR L’ARRESTATION D’ABDOUL AZIZ THIAM PAR LES GENDARMES : Une véritable «industrie du faux » mise à jour
La Brigade de recherches (Br) de Faidherbe a mis fin aux agissements d’une vraie mafia spécialisée dans le faux avec l’arrestation d’Abdoul Aziz Thiam.
On en sait un peu plus sur l’affaire de faux éventée par la Brigade de re‐ cherches (Br) de la gendarme‐ rie de Faidherbe. Selon nos informations, Abdoul Aziz Thiam, l’homme âgé de 60 ans au centre de cette rocambo‐ lesque affaire, a été déféré au parquet hier pour faux et usage de faux en écriture publique au‐ thentique mais aussi contrefa‐ çon et altérations de sceaux de l’Etat et de documents adminis‐ tratifs.
En effet, depuis plus d’un mois, les éléments de la Br de Dakar menaient une enquête approfondie à la suite d’informations faisant état de l’existence d’un vaste réseau de faussaires opé‐ rant dans la capitale, avec des ramifications jusqu’en Répu‐ blique de Guinée‐Bissau, pays d’origine de la majorité des bé‐ néficiaires de ce marché noir de documents administratifs. Après une minutieuse phase de surveillance et de prospection, les enquêteurs ont pu confir‐ mer l’identité de leur cible.
C’est dans ce cadre qu’un trans‐ port a été effectue, le vendredi 04 juillet 2025 aux environs de 10 heures, au niveau du rond‐ point Emg de Castors. Sur les lieux, Abdoul Aziz Thiam, iden‐ tifié comme le cerveau pré‐ sumé de ce réseau, a été interpellé.
Selon les éléments recueillis par les gendarmes, Abdoul Aziz Thiam opérait en se faisant pas‐ ser pour un mécanicien, usant de ce déguisement pour échap‐ per à la vigilance des Forces de l’ordre. Il proposait, moyennant des sommes variant entre 20 000 et 50 000 Fcfa, la fabrica‐ tion de documents administratifs (cartes d’identité, permis de conduire, passeports, etc.) d’apparence authentique, re‐ produits à l’identique des pièces délivrées par les autori‐ tés compétentes sénégalaises. Lors de son interpellation, il a été trouvé en possession d’une fausse carte d’identité natio‐ nale de la Cedeao destinée à être remis à un «client ». Une perquisition menée dans la foulée à son domicile situé à Grand Mbao a permis de mettre à jour un véritable atelier clandestin de falsification. Ont été décou‐ verts et saisis : une machine de « production » de documents administratifs, des cols blancs destinés à la confection de ta‐ lons, plusieurs imprimantes de table, des passeports et cartes d’identité de diverses nationali‐ tés, des licences sportives (no‐ tamment de football), des laminas portant des sceaux offi‐ ciels, un cachet attribué au mi‐ nistère des Transports terrestres du Sénégal ainsi que divers au‐ tres outils servant à la fabrica‐ tion de faux documents.
Au cours de son audition, Ab‐ doul Aziz Thiam a reconnu être le propriétaire de la machine de confection de faux documents, qu’il déclare avoir acquise en Es‐ pagne dans le cadre de ses « ac‐ tivités commerciales ». En revanche, il niait catégorique‐ ment la propriété des docu‐ ments falsifiés, des laminas, des cachets officiels et autres maté‐ riels découverts dans son propresalon, ce qui apparaît comme une tentative de se dédouaner de manière peu crédible. Concernant la carte d’identité saisie lors de son interpellation, il soutient qu’elle lui aurait été montrée par les gendarmes et qu’il en ignore la provenance. Or, il a été établi que cette carte constituait précisément l’objet du rendez‐vous qui a conduit à son arrestation, ce qui contre‐ dit ses déclarations.
L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices, remonter la chaîne de production et de distribution, et évaluer l’étendue réelle du réseau.
Libé

