BOURSES DE SÉCURITÉ FAMILIALE: Entre paiements et attente, les bénéficiaires s’interrogent
Aux Parcelles Assainies, le paiement des bourses de sécurité familiale suscite autant despoir que dinterrogations. Si certaines bénéficiaires ont reçu un appel ou un message les informant de la disponibilité de leur argent, dautres attendent toujours après le passage des agents chargés des enquêtes. Pour ces femmes, qui comptent sur cette aide pour faire face aux dépenses du ménage ou soutenir leur petit commerce, lincertitude se fait pesante.
À lunité 19 des Parcelles Assainies, deux femmes discutent devant une maison. Au cur de leur conversation : les bourses de sécurité familiale et cette question qui revient dans le quartier : quand recevront-elles leur argent ? Alors que les enfants ont déjà retrouvé les chemins des salles des classes, elles espéraient pouvoir compter sur cette aide pour répondre à quelques besoins de leurs familles, notamment les frais dinscriptions et les fournitures scolaires.
Depuis quelque temps, des agents chargés du programme mènent des enquêtes auprès des ménages. Mais, après leur passage, plusieurs femmes disent navoir reçu aucune information sur la suite de la procédure. Dautres, en revanche, ont été appelées ou ont reçu un message leur annonçant que leur transfert était disponible.
À lunité 16, Tata F. D., adjointe au chef de quartier et « Jajénou Gokh », confirme le passage des enquêteurs. Sa mère, aujourdhui décédée, bénéficiait de cette aide. « Ils mont interrogée une seule fois parce que ma mère, qui est décédée, bénéficiait de cette aide. Mais après son décès, je nai perçu largent quune seule fois », raconte-t-elle.
« Je nai pas encore reçu le paiement de ma bourse de sécurité familiale, alors que je figure sur la première liste des bénéficiaires, depuis le lancement de ce programme daide financière sous le régime de Macky Sall, ancien président de la République. Vu la tournure des choses, je nai plus aucun espoir. Je ne pense pas quon va me payer », ajoute-t-elle.
Dans son quartier, Mme Sène est régulièrement sollicitée par des femmes qui cherchent à comprendre ce quil en est du paiement. Elle affirme que, depuis larrivée des nouvelles autorités au pouvoir, elles nont reçu quun paiement quelle présente comme ayant été validé sous le précédent régime.
Pour cette dame, relais communautaire, ces interrogations traduisent surtout les difficultés auxquelles font face les ménages. « Les familles démunies comptent vraiment sur les bourses de sécurité familiale pour subvenir à certains besoins, notamment à lapproche des grands événements religieux ou à la rentrée des classes », souligne-t-elle. « Certaines bénéficiaires, ajoute-t-elle, peinent aussi à poursuivre leurs petites activités commerciales ».
« Je nai rien reçu pour linstant »
À lunité 19, Ng. D. fait partie de celles qui attendent toujours. Cette mère de famille raconte avoir répondu aux questions dun agent rencontré chez le chef de quartier. Depuis, elle dit être restée sans nouvelles. « On ma trouvée chez le chef de quartier de lunité 19. On ma interrogée et jai fourni les informations nécessaires. Mais depuis lors, je nai reçu ni appel ni message concernant le paiement des bourses de sécurité familiale », explique-t-elle.
En quête de réponses, elle dit avoir interrogé sa mère, puis sêtre rendue chez une amie pour savoir si celle-ci en savait davantage. « Je nai rien reçu pour linstant », résume-t-elle, visiblement désemparée.
Son amie, Yacine Sané, vendeuse de légumes, rapporte que des agents sont venus à deux reprises pour recueillir des informations concernant sa mère, bénéficiaire de la bourse. « La première fois, ils ont recueilli des informations sur ma mère, puisque cest elle la bénéficiaire. Ils sont revenus une deuxième fois pour demander si elle était toujours en vie. Quand je leur ai montré sa pièce didentité, ils ont constaté quelle était âgée. Je leur ai répondu que, bien sûr, elle était vivante », raconte-t-elle.
Yacine Sané souhaite désormais être éclairée sur la suite de la procédure. Pour elle, cette aide, même modeste, permet de faire face à certaines dépenses. « Cet argent nous sert. Il peut régler quelques problèmes. Quand le paiement est suspendu, cela complique les choses pour certaines familles », confie-t-elle. Elle dit toutefois avoir entendu que des bénéficiaires avaient déjà récupéré leur argent.
Une aide attendue pour les dépenses du quotidien
À lunité 20, Nabou Ba fait partie des femmes qui ont été informées de la disponibilité de leur transfert. « Moi, on ma appelée. Jai même reçu le message », se réjouit-elle, confirmant avoir bien reçu son allocation.
Pour cette mère de famille, largent servira à répondre à une urgence domestique : acheter une recharge de gaz. « Jai reçu le transfert et je suis actuellement dans la file dattente pour récupérer mon argent. Je dois recharger mes bouteilles de gaz, puisque je travaille dans la restauration. Sans gaz, je ne peux rien faire. Cet argent arrive à un moment propice. Il maide à financer mon activité. La crise économique se fait sentir partout. Largent ne circule plus », explique-t-elle.
Dune unité à lautre des Parcelles Assainies, les situations diffèrent donc. Tandis que certaines femmes récupèrent leur transfert, dautres attendent encore un appel ou un message. Toutes espèrent obtenir des informations claires sur le déroulement des paiements.
Aïssatou Mbène COULIBALY

