Politique

AUDIT DU PAVILLON ET DES LICENCES DE PÊCHE: Dr Fatou Diouf défend sa gestion devant la commission d’enquête

Auditionnée hier par la commission denquête parlementaire de lAssemblée nationale, lancienne ministre des Pêches et de lÉconomie maritime, Dr Fatou Diouf, a défendu son bilan, mettant en avant les mesures prises pour assainir le secteur, sécuriser les licences et renforcer la surveillance maritime.

Lancienne ministre des Pêches et de lÉconomie maritime, Dr Fatou Diouf, a défendu sa gestion devant la commission denquête parlementaire de lAssemblée nationale. Face aux députés, elle est revenue sur les instructions données dès sa prise de fonction, en avril 2024, pour assainir le secteur.
« Dès notre arrivée à la tête de ce département, nous avons effectué un travail pour assainir les licences de pêche », a déclaré lancienne ministre. Selon elle, les vérifications engagées expliquent le retrait de certains navires. Entre 2024 et 2025, le nombre de navires sénégalais est ainsi passé de 132 à 122, soit une diminution de dix unités.
Spécialiste des activités maritimes et titulaire dun doctorat consacré à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), Dr Fatou Diouf a insisté sur les contrôles effectués durant son mandat. « Nous avons fait beaucoup de contrôles, notamment sur la conformité, pour avoir une situation claire des navires, en particulier ceux qui navaient pas renouvelé leur licence pendant une période supérieure ou égale à trente mois », a-t-elle expliqué.
Lancienne ministre a également présenté les chiffres relatifs aux licences recensées à son arrivée et à son départ. « À mon arrivée à la tête du ministère, jai trouvé 151 licences de pêche. À la fin de ma mission, en juin 2026, jen ai laissé 111. Cela veut dire que ma gestion ne concerne que 111 licences de pêche. En 2024, nous avons trouvé que les licences avaient déjà été renouvelées », a-t-elle affirmé.
Au-delà des contrôles de conformité, son département a entrepris de sécuriser les documents délivrés aux armateurs. Selon elle, les anciennes licences étaient établies sur des feuilles libres, facilement falsifiables. « Cest la raison pour laquelle nous avons jugé nécessaire de confectionner de nouveaux formulaires de licence comportant des hologrammes, de telle sorte que ces documents ne puissent pas être falsifiés », a expliqué Dr Fatou Diouf.
Concernant la lutte contre la pêche INN, elle a fait état du renforcement de la Direction de la protection et de la surveillance des pêches, avec une dotation de six vedettes et dautres équipements en cours dacquisition. Elle a toutefois souligné linsuffisance des ressources nécessaires à leur fonctionnement.
« Malgré tous ces moyens, le budget de fonctionnement de la Direction est trois, voire quatre fois inférieur à ses besoins en carburant. Cela veut dire quon a le matériel, mais quon ne peut pas aller en mer pour assurer la surveillance », a-t-elle déploré.
Lancienne ministre a aussi évoqué la nécessité de renforcer les services régionaux des pêches, quelle décrit comme étant « dans le dénuement total ». Enfin, elle a indiqué que son département avait engagé un audit couvrant lensemble des secteurs de léconomie maritime, dont les résultats étaient encore attendus.

Mamadou Lamine CAMARA