GESTION DES LICENCES DE PÊCHE: Dr Mamadou Goudiaby défend sa gestion devant la commission d’enquête parlementaire
La gestion des licences de pêche entre février 2015 et juin 2020 a été examinée hier par la commission denquête parlementaire de lAssemblée nationale. Auditionné, lancien directeur des Pêches maritimes, Dr Mamadou Goudiaby, a défendu son bilan et rappelé les responsabilités respectives de la commission consultative et du ministre.
Directeur des Pêches maritimes de février 2015 à juin 2020, Dr Mamadou Goudiaby sest expliqué devant la commission denquête parlementaire de lAssemblée nationale sur la gestion des licences de pêche durant cette période. Selon lui, les informations relatives aux travaux de la commission consultative dattribution des licences de pêche sont consignées dans des documents administratifs.
« De 2015 à 2020, chaque réunion de la commission dattribution des licences a été sanctionnée par un procès-verbal », a-t-il expliqué. Il a précisé que la commission sollicitait parfois lavis des structures de recherche sur létat des stocks halieutiques avant de se prononcer. Lancien directeur a également rappelé les prérogatives de la commission consultative quil a dirigée. Évoquant son rôle dans les négociations avec lUnion européenne, il a insisté sur la distinction entre ses attributions et celles du ministre. « Je ne reçois pas de demandes de licence, je ne signe pas de licences de pêche. Cest le ministre qui signe », a-t-il précisé.
Interrogé sur des licences qui auraient été attribuées sans examen préalable par la commission consultative, Dr Goudiaby a affirmé : « Une licence de pêche ne peut pas être signée sans passer par la commission consultative dattribution des licences de pêche ». Selon lui, toute délivrance effectuée en dehors de cette procédure serait contraire au Code de la pêche et à son décret dapplication.
Durant laudition, les députés ont notamment évoqué un rapport publié en 2026 par la Direction des Pêches maritimes. Selon les chiffres présentés, la commission consultative avait émis, en 2018, 25 avis favorables, tandis que le ministre avait délivré 34 licences, soit neuf de plus. Le nombre davis défavorables serait ainsi passé de 50 au niveau de la commission à 41 dans les décisions du ministre.
Pour lannée 2019, le document fait état dune augmentation de la flotte de 20 navires, portant leur nombre de 177 à 197. Il indique également que le ministre naurait retenu que neuf des 35 navires examinés par la commission. Des écarts pour lesquels le député Alassane Niang a demandé des explications. « Lorsque le ministre sécarte des avis du conseil consultatif, est-ce que vous lui avez écrit pour lalerter ? », a interrogé le parlementaire.
Dans sa réponse, Mamadou Goudiaby a invoqué le respect de la hiérarchie, expliquant quil sagissait dalerter son supérieur. Il a soutenu que la commission sétait limitée aux prérogatives que lui conférait la loi. « La commission se limite à ses prérogatives. Mais si le ministre ne tient pas compte des avis défavorables, sa responsabilité est engagée », sest-il défendu.
Mamadou Lamine CAMARA

