DAKAR SPORT SUMMIT: Léconomie du sport au cur des enjeux des compétitions internationales
La troisième édition du Dakar Sport Summit sest tenue les 27 et 28 octobre à lUniversité Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour son initiateur, Malick Diouf, le sport doit devenir un véritable levier de développement économique. À quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), il appelle à penser un héritage qui dépasse les infrastructures.
Le Dakar Sport Summit ambitionne de devenir un espace de convergence consacré à léconomie, aux affaires et à lentrepreneuriat dans le secteur du sport. Sa troisième édition se déroule à quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 14 novembre à Dakar, Diamniadio et Saly.
Dans ce contexte, linitiateur de lévénement, Malick Diouf, appelle à accorder une place centrale aux enjeux économiques du sport et à inscrire ce secteur dans les politiques publiques. « Il faut que les instances soient accompagnées par une vision, ou même précédées dune vision. Il faut une volonté de lÉtat dinscrire le sport comme une filière économique et dorienter les politiques publiques ainsi que leurs financements vers ce secteur. Les JOJ mobilisent tous les secteurs. À commencer par le bâtiment, avec les travaux de réfection des stades, mais aussi lhôtellerie, le transport, lévénementiel et la santé, notamment la médecine du sport. Tous les secteurs porteurs sont donc concernés par le sport. Celui-ci a une fonction transversale, mais aussi un rôle de stabilisateur social. Il rassemble et éduque », a déclaré linitiateur du Dakar Sport Summit.
« Un héritage qui va au-delà des infrastructures »
Abordant la question de lhéritage des JOJ, Malick Diouf estime que celui-ci ne saurait se limiter aux équipements construits ou rénovés pour lévénement. Il plaide notamment pour un meilleur accès à la pratique sportive sur lensemble du territoire, ainsi que pour la formation et lemploi des acteurs du secteur.
« Lhéritage nest pas acquis et ne se limite pas aux infrastructures. Il sagit aussi de permettre aux athlètes de pratiquer leur discipline partout, et pas seulement à Dakar, à Saly ou à Diamniadio. Il faut également disposer dun nombre suffisant de formateurs pour accompagner les jeunes athlètes. Il est aussi nécessaire de mettre en place des structures et de mobiliser des entreprises capables de recruter le personnel formé et employé dans le cadre des JOJ de 2026. Après le 13 novembre, la plupart de ces travailleurs risquent de se retrouver au chômage. Il faut donc un cadre permettant de les réintégrer dans le monde de lentreprise, notamment dans le secteur du sport. Cest notre vision. Depuis le lancement du forum, en 2023, nous avons posé les bases de cette réflexion en interpellant les dirigeants sur la nécessité dadopter une telle vision, sans attendre la fin des JOJ pour penser à leur héritage », a-t-il indiqué.
« Former des cadres pour structurer léconomie du sport »
Revenant sur les métiers du sport, Malick Diouf souligne la nécessité de diversifier les formations et les débouchés, au-delà de la préparation des athlètes. « Les initiatives de création de centres de formation et dacadémies ont été portées par des acteurs privés. Ce sont eux qui ont pris linitiative de former des jeunes, principalement pour en faire des athlètes. Il faut désormais que lÉtat forme également des formateurs, des gestionnaires et des cadres du sport, notamment dans le marketing sportif et les autres domaines liés à ce secteur. Cela passe par un cadre universitaire, et il faut que les universités souvrent également à ces formations. Pourquoi ne pas envisager la création dune faculté des sciences du sport à lUniversité Cheikh Anta Diop de Dakar, ou encore de formations en marketing sportif et en commerce dans une école de commerce à Diamniadio ou à Saint-Louis ? Il faut véritablement réfléchir aux formations, car elles constituent le soubassement du secteur. Après le cadre réglementaire, il faut des compétences pour faire fonctionner et développer léconomie du sport », a-t-il conclu.
Fatou DIOUF

