NON-RESPECT DU PROTOCOLE DACCORD SIGNÉ: Le SYTJUST dépose un préavis de grève
Le Syndicat des travailleurs de la Justice (SYTJUST) a annoncé, hier, le dépôt dun préavis de grève auprès du ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public. Il dénonce labsence davancées significatives dans la mise en uvre du protocole daccord du 7 août 2025, signé entre le Gouvernement et les syndicats du secteur.
Dans un communiqué rendu public hier, le SYTJUST a informé lopinion du dépôt dun préavis de grève auprès du ministre Mamadou Lamine Dianté. Le syndicat justifie cette décision par le non-respect des engagements pris par le Gouvernement dans le cadre du protocole daccord signé avec les organisations syndicales des travailleurs de la Justice, notamment le SYTJUST et lUnion nationale des travailleurs de la Justice (UNTJ).
Depuis la signature de cet accord, les syndicats affirment avoir privilégié le dialogue et fait preuve de responsabilité pour favoriser une résolution concertée des difficultés liées à la satisfaction de leurs revendications. Toutefois, malgré les différentes rencontres avec les services administratifs concernés, les négociations nont toujours pas abouti à des solutions satisfaisantes, déplore le SYTJUST.
Le reclassement des agents au cur du différend
La principale difficulté porte sur le mode de reclassement envisagé pour les travailleurs de la Justice ayant suivi une formation au Centre de formation judiciaire (CFJ). Le SYTJUST conteste une approche fondée sur lindice égal ou immédiatement supérieur, estimant quelle risque de porter atteinte à lancienneté professionnelle des agents concernés et de compromettre la continuité de leurs carrières.
Selon le syndicat, cette question dépasse les seules considérations techniques et administratives. Elle nécessite des arbitrages gouvernementaux et une véritable volonté politique. Il réclame ainsi louverture de négociations appropriées afin de parvenir à un accord respectueux des droits et des intérêts des travailleurs.
Le SYTJUST attire également lattention du Gouvernement sur la situation des agents non fonctionnaires appelés à intégrer le corps des assistants des greffes et parquets. Il insiste sur la préservation de leur ancienneté acquise, la rétroactivité des reclassements et le paiement des rappels de différentiels de salaire dus au titre du retard enregistré depuis juillet 2018. À ces revendications sajoutent le relèvement de lâge de la retraite à 65 ans et la revalorisation des indemnités des administrateurs des greffes, des greffiers et des assistants des greffes et parquets.
Un délai de trente jours avant une éventuelle grève
Le syndicat précise que le dépôt de ce préavis ne constitue pas un renoncement au dialogue. Cette démarche vise, selon lui, à mettre le Gouvernement devant ses responsabilités et à obtenir une traduction concrète des engagements librement souscrits. Le SYTJUST rappelle que la paix sociale dans le service public de la Justice repose sur la confiance, le respect de la parole donnée et la satisfaction des revendications légitimes des travailleurs. Il estime quelle ne saurait être durablement préservée si les engagements pris restent sans suite.
En conséquence, le syndicat se réserve le droit de déclencher des mouvements de grève à lexpiration du délai légal de préavis de trente jours, si aucune avancée significative nest enregistrée. Il demeure néanmoins disponible pour toute initiative gouvernementale sérieuse susceptible de déboucher sur un accord satisfaisant, dans lintérêt des travailleurs, du bon fonctionnement du service public de la Justice et de la préservation de la paix sociale. Pour le SYTJUST, il appartient désormais au Gouvernement de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour éviter une nouvelle épreuve de force.
Mame Ndella FAYE

