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PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE: Après la « dette cachée » de Macky, Pastef dénonce le « budget caché » de Diomaye

Quelques heures à peines après la conférence de presse du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, Pastef-Les Patriotes a défendu les raisons du rejet du projet de Loi de finances rectificative (LFR) en commission vendredi dernier. Face à la presse, Amadou Ba et El Malick Ndiaye ont dénoncé un manque de transparence, des documents manquants et le retrait de plusieurs programmes. Ils ont également contesté la version du chef du gouvernement sur ses tentatives de dialogue avec Ousmane Sonko.

Le bras de fer entre le gouvernement et la majorité parlementaire se poursuit autour du projet de loi de finances rectificative. Lors dun point de presse tenu, hier, à Dakar, les responsables de Pastef-Les Patriotes ont répondu aux déclarations du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo et détaillé les réserves ayant motivé le rejet du texte en commission.
Pour le député Amadou Ba, les interrogations doivent dabord porter sur les raisons de ce rejet. Il estime que les parlementaires ont soulevé des questions économiques et budgétaires qui appellent des réponses précises du gouvernement. « Après avoir écouté le PM Al Aminou Lo sur le rejet du projet de loi, la question qui devrait être posée est pourquoi la loi été rejetée par Pastef et non des questions adressées au parti. Le PM, son seul interlocuteur doit être les Sénégalais et il doit éviter les détails », a-t-il déclaré.

Des versions divergentes sur le dialogue avec Sonko
Amadou Ba est notamment revenu sur les démarches que le Premier ministre affirme avoir entreprises pour échanger avec le président de lAssemblée nationale, Ousmane Sonko. Selon le député, Al Aminou Lo la effectivement sollicité pour faciliter une prise de contact. « Le PM a aussi déclaré quil a tenté dentrée en link avec le vice-président de lAssemblée, El Malick Ndiaye, pour quil soit son intermédiaire avec le président Ousmane Sonko, mais sans succès. Et pour dire vrai, il ma moi-même contacté pour toujours entrer en contact avec Ousmane Sonko. Et je lui ai même suggéré de dialoguer entre eux Exécutif, avant demmener les projets de lois à lAssemblée », a-t-il expliqué.
Le parlementaire affirme avoir transmis cette démarche à Ousmane Sonko. Ce dernier a toutefois démenti avoir reçu les appels évoqués et lui a présenté ses derniers échanges avec le chef du gouvernement, remontant au mois de juin. Amadou Ba assure que le président de lAssemblée nationale na jamais fermé la porte au dialogue avec le Premier ministre et le gouvernement.

Des annexes manquantes et des coupes contestées
Sur le fond, Amadou Ba soutient que les députés de Pastef ont fondé leur position sur des insuffisances documentaires et des interrogations concernant la sincérité du budget. Il accuse le gouvernement davoir laissé certaines dépenses et certains arbitrages sans explication suffisante. « On leur a demandé des informations sur les subventions de lénergie qui ont été évoqué et qui ne figurant pas dans le projet qui a été soumis à lAssemblée nationale, de même que les bourses familiales et les 550 milliards quils ont dit avoir coupé en 2026 sur des budgets dinvestissements. Et on leur a demandé une liste de projets de financements qui ont été coupés, ainsi que des services personnalisés de lÉtat qui devraient être fermés et qui sont à plus de 300 milliards et soumis à la Cour des comptes. Après la dette cachée, ils ont crée le budget caché », a-t-il déclaré.
Selon lui, des documents et des annexes nécessaires à lexamen du texte manquaient lors de sa transmission à lAssemblée nationale. Une rencontre avec des membres du gouvernement a ensuite été organisée pour obtenir des éclaircissements. Le député affirme également que quinze projets ont été retirés de la LFR. « Il ya 15 projets qui ont été enlevés dans le projet de la LFR à savoir le projet grand transfert deau à Touba que lancien PM Ousmane Sonko avait demandé que son financement à hauteur de 50 milliards émane du PRES, 35 centres de santé supprimés dans les projets, le projet des 30.000 logements, le projet des écoles supprimés un à un, le service de lénergie, le service personnalisé de lÉtat, ainsi que les bourses familiales et la subvention de lénergie dont lÉtat prévoyait daller emprunter de largent à la banque mondiale pour son financement », a-t-il soutenu, contestant toute volonté de faire de cette procédure un affrontement politique. « Comment créer des emplois sans ce budget de 550 milliards pour la jeunesse », sest-il interrogé.
Accusant le gouvernement de privilégier les attentes du Fonds monétaire international (FMI) et dautres partenaires financiers, il a mis en doute la sincérité du projet. « On veut leur faire savoir quon doute de la sincérité de ce budget à cause des cachoteries, la Cour des comptes leur a demandé de supprimer complètement les services de lÉtat et au lieu dexécuter, vous y avait ajouté, et nous les députés de Pastef avions refusé de voter ce projet qui sera un fardeau lourd pour les sénégalais », a insisté le député qui a invité le gouvernement à cesser de mettre en cause lancien Premier ministre.

Mame Ndella FAYE