PREMIÈRE JOURNÉE DE GRÈVE GÉNÉRALE: Le Front syndical revendique 90% de suivi et maintient la pression
Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) dresse un bilan quil juge largement positif de la première journée de sa grève générale de 72 heures. Dans un communiqué diffusé mercredi soir, il revendique un taux de suivi de 90% sur lensemble du territoire national. Dénonçant des réquisitions, des intimidations et des tentatives de division, les responsables syndicaux appellent à renforcer la mobilisation les 22 et 23 octobre.
Le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) se félicite dun « suivi massif et historique » de la première journée de grève générale, observée le mercredi 21 octobre. Selon le regroupement syndical, dont Mody Guiro est lun des principaux responsables, « le mouvement a enregistré un taux de réussite de 90% à léchelle nationale ».
Dans son communiqué, le FSDT fait état dune « forte mobilisation dans de nombreuses branches dactivité ». Il cite notamment les collectivités territoriales, Dakar Dem Dikk, les hydrocarbures, la santé, léducation et la formation, lenseignement supérieur, la SENELEC et la justice. Les secteurs aéroportuaire, portuaire et ferroviaire figurent également parmi ceux où le mot dordre a été largement suivi, selon le FSDT.
Le Front mentionne aussi les industries alimentaires, chimiques et pharmaceutiques, lhôtellerie et la restauration, la confection et le textile, les mines et les industries extractives. À cette liste sajoutent lassainissement et le nettoiement, lIPRES, la Caisse de sécurité sociale, la Poste et les télécommunications, ladministration, la sécurité privée ainsi que des acteurs du secteur informel, dont les gargotières.
Des perturbations constatées, un bilan national à préciser
Au-delà de cette évaluation syndicale, sur le terrain, le constat est celui dune première journée bien suivie. La mobilisation intervient sur fond de contestation de lexécution des engagements sociaux de lÉtat. Dans un communiqué précédant la grève, le FSDT avait dénoncé une rupture du dialogue social et le non-respect des engagements du Pacte national de stabilité sociale. Il avait également appelé à une meilleure prise en charge des préoccupations des travailleurs et à lamélioration du pouvoir dachat.
Les réquisitions au cur des contestations
Tout en saluant la mobilisation, le FSDT dénonce des réquisitions décidées par les autorités administratives dans les régions, quil juge « illégales ». Il déplore également des « intimidations » et des « menaces » imputées à certaines directions, ainsi que des « tentatives de division » des travailleurs.
À Dakar Dem Dikk, la Direction générale a annoncé la réquisition de certains agents pour assurer la continuité du service public durant les trois jours de grève. Selon le communiqué de lentreprise, cette décision sappuie sur un arrêté du gouverneur de Dakar daté du 21 octobre 2026.
En amont du mouvement, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, avait annoncé des mesures destinées à garantir la libre circulation et la possibilité, pour les salariés, de rejoindre leur lieu de travail. Il avait aussi évoqué déventuelles sanctions disciplinaires en cas de non-respect des procédures légales, tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à poursuivre le dialogue.
Un appel à amplifier la mobilisation
Pour les responsables du FSDT, la première journée témoigne de ladhésion des travailleurs au mouvement. Le Front remercie les responsables syndicaux, les délégués du personnel ainsi que lensemble des travailleurs et travailleuses mobilisés.
Il salue également la participation des militants, des femmes, des jeunes et des personnes du troisième âge à la marche organisée le mardi 20 octobre à Dakar. Fort de ce premier bilan, le regroupement appelle à renforcer la mobilisation pour les deux dernières journées de grève, les jeudi 22 et vendredi 23 octobre.
Mamadou Lamine CAMARA

