POINT BAS DE LA STATION BRT DE GRAND-MEDINE: La route des Niayes noyée sous les eaux d’égouts, les usagers en plein naufrage
Depuis plus dune semaine, les usagers de la route des Niayes traversent une nappe deau boueuse, noirâtre et nauséabonde à hauteur de la descente de léchangeur de lÉmergence Aliou Sow, près de la station BRT de Grand-Médina. Sur les deux voies de circulation qui bordent le couloir du BRT, rejoindre les Parcelles Assainies depuis léchangeur ou en sortir depuis cette route devient une épreuve. Entre risques de panne, ralentissements et dégradation des conditions de circulation, les automobilistes dénoncent une situation qui perdure sans intervention visible pour évacuer les eaux.
Un passage obligé transformé en étang. À la descente de léchangeur de lÉmergence Aliou Sow de la Patte dOie, sur la route des Niayes, les automobilistes doivent désormais composer avec une chaussée envahie par une eau sombre et malodorante. En provenance de la ville ou de Grand-Yoff pour rejoindre les Parcelles Assainies, comme dans le sens inverse, le même obstacle se dresse devant les véhicules. Depuis plus dune semaine, les eaux stagnent sur les deux voies de circulation parallèles à laxe réservé au Bus Rapid Transit (BRT).
Ce qui aurait pu être une difficulté ponctuelle sinstalle ainsi dans le quotidien des usagers. À chaque passage, les conducteurs doivent ralentir, évaluer tant bien que mal létat de la chaussée et avancer avec la crainte dimmobiliser leur véhicule au milieu de leau. Sur cet axe très fréquenté, la traversée se fait au prix dune vigilance permanente et dune inquiétude renouvelée.
Une chaussée noyée, des dangers difficiles à apprécier
La couleur de leau complique davantage la traversée. Sous cette nappe opaque, il devient difficile de distinguer déventuels obstacles. Le conducteur avance sans pouvoir apprécier correctement létat de la surface sur laquelle ses roues sengagent.
Dans ces conditions, un mauvais choix de trajectoire ou une profondeur sous-estimée peut suffire à mettre un véhicule en difficulté. Le danger concerne aussi les deux-roues, dont léquilibre peut être compromis par un obstacle dissimulé. Les piétons, eux, voient leurs possibilités de passage se réduire et restent exposés aux éclaboussures dune eau provenance des débordements des égouts.
À cette incertitude sajoutent les contraintes dun trafic dense. Les ralentissements à lapproche de la zone inondée peuvent se répercuter sur les accès voisins, tandis que les changements de trajectoire pour éviter les parties les plus submergées compliquent la circulation. Un seul véhicule immobilisé dans ce passage pourrait encore aggraver la situation.
La peur dune panne et dune facture difficile à supporter
Pour les automobilistes, le calvaire ne se mesure pas seulement au temps perdu. Il se traduit aussi par la peur dendommager un véhicule souvent indispensable aux déplacements quotidiens ou à lexercice dune activité professionnelle.
Selon la hauteur deau et les conditions de franchissement, les véhicules peuvent subir des dommages mécaniques ou électriques. Une infiltration dans ladmission dair peut notamment provoquer une panne grave du moteur. Lexposition répétée à une eau chargée de boue et de déchets peut également favoriser lencrassement et la dégradation de certains composants.
Sans préjuger de dommages effectivement constatés sur place, ces risques nourrissent une inquiétude légitime. Une panne peut entraîner des frais de remorquage, un diagnostic, des réparations et plusieurs jours dimmobilisation. Pour un chauffeur dont le véhicule constitue loutil de travail, elle peut aussi signifier une interruption immédiate des revenus.
Le passage quotidien devient alors un choix contraint : affronter leau avec le risque dune avarie ou chercher un détour, lorsquil existe, avec davantage de temps et de carburant à consacrer au trajet.
Le couloir du BRT presque épargné, la colère des usagers
Le contraste avec la voie réservée au BRT, presque épargnée comme on a pu le constater, renforce le sentiment dabandon exprimé par certains automobilistes. De part et dautre du couloir, le trafic ordinaire se retrouve confronté aux eaux stagnantes. Un conducteur rencontré sur cet axe estime que la réaction aurait été plus rapide si la circulation des bus du BRT avait été interrompue. Il dénonce une différence dattention entre les usagers du couloir réservé et ceux des voies ordinaires. « Personne ne se préoccupe de notre sort », se désole-t-il.
Ce témoignage traduit une exaspération alimentée par la durée de la situation. Il ne permet toutefois pas, à lui seul, détablir les raisons de labsence dintervention visible. Pour les automobilistes, lincompréhension demeure : comment expliquer quun passage aussi fréquenté reste envahi par les eaux pendant plusieurs jours, sans amélioration perceptible ?
Une station de pompage dont le fonctionnement interroge
À proximité, la présence dune station de pompage rend cette stagnation encore plus difficile à comprendre. Daprès les éléments relevés sur place, cet équipement, censé permettre lévacuation des eaux de ce point bas vers le grand bassin aménagé le long de lautoroute, en contrebas de léchangeur, ne remplit pas actuellement cette fonction. Les raisons de cette situation demeurent un mystère. Une défaillance de linstallation, une obstruction du réseau ou une autre difficulté technique sont-elles en cause ? En labsence dexplications des services compétents, il nest pas possible de trancher.
Le constat rapporté par les usagers reste néanmoins le même : leau demeure sur la chaussée et la circulation continue de sy engager. La présence dun ouvrage de drainage ne suffit pas si son fonctionnement ne permet pas de libérer les voies.
Évacuer leau et expliquer ce qui bloque
Après une semaine de difficultés, les usagers attendent une réponse concrète. Lurgence est de sécuriser le passage et de mettre en uvre les moyens nécessaires pour dégager les deux voies. Si linstallation permanente ne peut être rétablie rapidement, une solution provisoire de pompage mérite dêtre examinée par les services compétents.
Une intervention doit aussi permettre didentifier la cause de cette accumulation. Évacuer les eaux sans résoudre le dysfonctionnement qui les maintient sur place laisserait entière la possibilité de voir le même problème se reproduire. À cette réponse technique doit sajouter une information claire sur la nature de la difficulté, les mesures engagées et le délai de rétablissement attendu. Car labsence dexplications, autant que la persistance des eaux, alimente la colère.
Sur la route des Niayes, les automobilistes continuent pour lheure de traverser cette nappe nauséabonde, avec la même crainte de tomber en panne. Jour après jour, un problème dévacuation se transforme ainsi en épreuve de mobilité et en menace financière pour des usagers qui attendent toujours de voir la chaussée libérée.
Harouna DEME

