DISCOURS DE HAINE ET XÉNOPHOBIE AU SÉNÉGAL: Le CUDIS s’alarme et réclame des sanctions
Préoccupé par les discours hostiles aux communautés étrangères, le Cadre unitaire de lislam au Sénégal (CDIS) appelle à une mobilisation pour préserver la cohésion nationale. Dans un communiqué daté de ce mercredi 21 octobre, il demande aux autorités de sanctionner les actes et propos xénophobes et annonce une Semaine du vivre-ensemble.
Le Cadre unitaire de lislam au Sénégal (CUDIS) met en garde contre les conséquences des discours de haine et de la stigmatisation des étrangers. Dans son communiqué, lorganisation exprime sa vive préoccupation face à ce quelle décrit comme une montée des propos xénophobes et des campagnes de désinformation visant notamment les ressortissants africains établis ou de passage au Sénégal.
Pour le CUDIS, ces dérives menacent la paix sociale, la cohésion nationale et la tradition daccueil du pays. Il rappelle que lidentité sénégalaise sest construite à travers les échanges, les migrations et le brassage des peuples, des cultures et des religions. La teranga constitue, à ses yeux, une exigence morale et religieuse qui engage chacun envers létranger, le voisin et les personnes démunies.
Une responsabilité partagée
Lorganisation souligne également la présence de nombreux Sénégalais dans les autres pays africains. Elle invoque cette réalité pour appeler à davantage de solidarité envers les communautés étrangères vivant au Sénégal. La protection et le respect souhaités pour les compatriotes de la diaspora doivent, selon elle, guider laccueil réservé aux ressortissants des autres nations.
Le CUDIS associe toutefois lhospitalité au respect des règles communes. Il invite les étrangers à se conformer aux lois de la République ainsi quaux coutumes et aux valeurs du pays. Parallèlement, il demande à lÉtat dappliquer les textes dans le respect des droits humains. Cette responsabilité partagée doit, estime-t-il, contribuer à préserver lharmonie entre les communautés.
Religieux, médias et influenceurs interpellés
Le communiqué condamne les discriminations fondées sur lorigine, la nationalité, lethnie, la religion ou la condition sociale. Il dénonce également les violences verbales et physiques contre les étrangers, les campagnes de manipulation ainsi que linstrumentalisation politique ou médiatique de la peur de lautre.
Face à ces risques, le CUDIS appelle les autorités compétentes à protéger les personnes vulnérables et à sanctionner les auteurs dactes ou de propos xénophobes. Il invite aussi les guides religieux, les imams, les prédicateurs et les enseignants à multiplier les messages de tolérance et de fraternité.
Les médias, les influenceurs et les acteurs du numérique sont, pour leur part, exhortés à faire preuve de responsabilité, à vérifier les informations et à refuser la diffusion de contenus alimentant la haine. Lorganisation demande également aux jeunes de résister aux tentatives dinstrumentalisation et aux discours de division.
Un Pacte national pour le vivre-ensemble annoncé
Pour prolonger cet appel, le CUDIS annonce lorganisation dune Semaine du vivre-ensemble, avec lappui des plus hautes autorités. Il indique quune collaboration est déjà engagée avec les institutions, les confessions religieuses et les forces vives de la nation.
Cette initiative doit notamment permettre de sceller un Pacte national pour le vivre-ensemble, de renforcer le dialogue interreligieux et de mobiliser lécole, la jeunesse, les médias et les territoires autour de la cohésion nationale. Le calendrier de cette semaine nest pas précisé dans le communiqué.
En se déclarant disponible pour accompagner les efforts de prévention, le CUDIS appelle à une réaction collective contre la banalisation de la haine. Son message place la préservation de lhospitalité et de la fraternité au cur de la responsabilité nationale.
Mamadou Lamine CAMARA

