ACCÈS AUX SOINS ET STATUT DES PRATICIENS: Diomaye à l’écoute des médecins pour rapprocher les soins des Sénégalais
Reçu ce vendredi 9 octobre 2026 au palais de la République avec une délégation, le président de l’Ordre national des médecins du Sénégal, le Dr Jean François Diémé, a plaidé pour la création de maisons médicales et un statut spécial des médecins et des professionnels de santé. L’objectif, élargir l’offre de soins, améliorer la prise en charge des populations et prévenir les grèves dans le secteur.
L’accès à des soins de qualité et les difficultés du système sanitaire ont été au cœur de l’audience accordée par le président Bassirou Diomaye Faye à une délégation de l’Ordre national des médecins du Sénégal (ONMS). Au sortir de cette rencontre, le président de l’Ordre, le Dr Jean François Diémé, a exprimé sa satisfaction et détaillé les principales propositions soumises au chef de l’État.
« Nous sommes très satisfaits de cette rencontre qui nous a permis d’échanger avec l’autorité sur les difficultés rencontrées par le secteur de la santé », a-t-il déclaré. Il a notamment insisté sur les obstacles auxquels les populations sont confrontées pour se faire soigner.
« Nous avons échangé avec notre président sur les modalités, sur l’action gouvernementale, sur l’accompagnement des professionnels de santé afin que nous puissions adresser tous ces dysfonctionnements, ces difficultés et que nos populations puissent être soignées dans les meilleures conditions possibles », a expliqué le président de l’ONMS.
Des maisons médicales pour élargir l’offre de soins
Pour améliorer l’accès aux services sanitaires, la délégation a présenté plusieurs pistes, dont la création de maisons médicales. Cette proposition figure parmi les mesures défendues par l’Ordre pour élargir l’offre de soins. « Nous lui avons donné un certain nombre de propositions pour élargir l’offre de soins, pour permettre aux populations d’avoir accès à des soins de qualité, notamment en proposant l’érection de maisons médicales, en proposant un statut spécial des médecins et des professionnels de santé », a indiqué le Dr Diémé.
L’Ordre souhaite également être davantage associé aux concertations et aux décisions concernant le secteur. Son président a demandé de pouvoir « associer l’Ordre des médecins à toutes les discussions qui se font dans le domaine de la santé », en rappelant que, selon lui, la loi lui confère la prérogative d’être « un conseiller privilégié des pouvoirs publics en matière de santé ». Les modalités de fonctionnement des maisons médicales, leur financement et leur implantation n’ont toutefois pas été détaillés dans cette déclaration.
« Notre souhait, c’est qu’il n’y ait plus de grève »
Le président de l’ONMS a tenu à rappeler la mission de l’institution qu’il dirige. « L’Ordre des médecins n’est pas et ne saurait être un syndicat. L’Ordre des médecins est le régulateur de la profession médicale. Nous veillons à ce que la médecine se déroule dans les meilleures conditions possibles au bénéfice exclusif des populations », a-t-il poursuivi, plaçant la continuité des soins au centre de son plaidoyer.
Un statut spécial pour prévenir les grèves
C’est dans cette perspective que l’Ordre défend un statut spécial susceptible de répondre aux préoccupations des praticiens et de prévenir les conflits sociaux. « Notre souhait, c’est qu’il n’y ait plus de grève dans ce secteur de la santé. Et nous avons dit au président de la République que nous souhaitions qu’il y ait un statut spécial qui ferait que les médecins ne soient plus obligés d’aller en grève », a déclaré le Dr Diémé.
Pour lui, une réponse préventive aux difficultés professionnelles permettrait de franchir une étape décisive : « Si on arrive à faire de telle sorte qu’aucun médecin dans ce pays ne puisse être tenté d’aller en grève, on aura fait un excellent grand pas ».
Des propositions dans un contexte de besoins importants
Cette audience intervient alors que le secteur sanitaire reste confronté à un déficit de personnel et à des disparités territoriales. Ce jeudi 8 octobre, le directeur des ressources humaines du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Malick Diallo, a indiqué qu’un déficit de 18 947 agents de santé avait été identifié en 2025. Il a également fait état du recrutement autorisé de 2 500 agents pour 2026, dont 510 médecins, parmi lesquels 340 spécialistes.
Les propositions présentées au palais viennent ainsi alimenter la réflexion sur l’organisation des soins et les conditions d’exercice des professionnels.
Aïssatou Mbène COULIBALY

