RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027-Étals pleins, clients rares : les vendeurs de fournitures attendent leur rentrée
À Sandaga comme à Ouakam, cahiers, stylos et sacs d’écolier sont prêts. Les acheteurs, eux, arrivent au compte-gouttes. À la veille de la rentrée, prévue finalement ce lundi 12 octobre, après le report de la date du 7 octobre en raison des conséquences des pluies diluviennes sur Dakar et une partie du pays, les commerçants constatent une affluence timide. Entre achats différés et réutilisation des anciennes fournitures, les contraintes budgétaires des ménages se font sentir jusque devant les boutiques.
À Sandaga, les klaxons se mêlent aux conversations et au va-et-vient des passants. Sous le ciel quelque peu dégagé de ce mercredi 7 octobre, le marché retrouve son animation quotidienne. Devant les cantines, les fournitures scolaires occupent une bonne place : piles de cahiers, paquets de stylos, crayons, livres et sacs d’écolier attendent preneurs. Tout annonce la rentrée, sauf l’affluence.
Assis sur un banc devant sa cantine, Ibrahim Sakho discute avec un autre commerçant. Chapelet à la main, le sexagénaire désigne sa marchandise. Les stocks sont constitués, il manque les clients. « Vous pouvez le constater avec moi, nous nous sommes bien approvisionnés en matériel scolaire. Nous attendons maintenant la clientèle, qui tarde à venir », confie-t-il.
Selon lui, les prix des fournitures sont restés stables par rapport à l’année dernière. Une stabilité qui, pour l’heure, ne suffit pas à attirer davantage d’acheteurs. Le commerçant évoque les dépenses de première nécessité qui pèsent sur les budgets familiaux et réduisent la marge disponible pour préparer la rentrée.
« Je passe plus de temps à attendre qu’à vendre »
Devant la boutique de Moctar Touré, les cahiers et les sacs d’écolier sont exposés. Le vendeur garde espoir, même si le contraste avec les rentrées précédentes est saisissant. « En cette période, je ne m’asseyais presque pas, vu le nombre de clients qui arrivaient. Aujourd’hui, au contraire, je passe plus de temps à attendre qu’à vendre », observe-t-il.
Il mise sur le démarrage des cours pour voir les ventes reprendre. « Nous espérons que les parents d’élèves viendront dès que la rentrée sera effective. Quelles que soient leurs difficultés économiques, ils devront acheter des fournitures pour leurs enfants », estime-t-il.
En attendant, les commerçants constatent une pratique qui prend de l’ampleur : la réutilisation du matériel des années précédentes. Sacs encore utilisables, ardoises conservées, manuels transmis entre proches ou échangés entre voisins permettent de limiter les dépenses. Pour les vendeurs, ces économies se traduisent par des achats moins nombreux.
« La rentrée scolaire constituait jadis une bouffée d’oxygène. Aujourd’hui, beaucoup réutilisent leur ancien matériel ou procèdent à des échanges. Cela réduit nos ventes », regrette un commerçant.
À Ouakam, on se renseigne avant d’acheter
À Ouakam, Mor Mbaye fait le même constat. Son magasin est bien fourni, mais les achats ne suivent pas encore au rythme espéré. Certains visiteurs comparent les prix avant de repartir.
« Al Hamdoulilah, nous recevons des clients, mais pas comme à l’accoutumée. Auparavant, à cette période, nous étions parfois débordés. Aujourd’hui, vous voyez qu’il n’y a aucun client sur place. Certains viennent simplement se renseigner sur les prix, puis repartent », explique-t-il.
Selon les tarifs qu’il présente, le paquet de dix cahiers de 100 pages ou celui de cinq cahiers de 200 pages se vend entre 2 500 et 3 000 FCFA, suivant la qualité. Les paquets de crayons et de stylos coûtent, quant à eux, entre 1 000 et 2 000 FCFA.
Des prix que les vendeurs jugent abordables. Mais, pour les familles, la liste des fournitures impose de cumuler plusieurs dépenses. Les achats sont alors échelonnés sur plusieurs semaines, parfois différés jusqu’au versement d’un salaire ou à la réception d’une aide ponctuelle.
Une vente qui redonne le sourire
Au cœur de Dakar, Modou Gaye connaît toutefois un moment de répit. Installé dans ce commerce depuis plus de trente ans, cet originaire du Saloum interrompt l’entretien pour servir un client. Quelques paquets quittent enfin les piles.
« Ce client vient d’acheter trois paquets de cahiers de 100 pages, deux paquets de cahiers de 200 pages, un paquet de stylos, des crayons et du matériel de géométrie. Le tout représente plus de 20 000 FCFA. Contrairement aux jours précédents, la journée s’annonce bien », se réjouit-il.
Cette vente lui redonne espoir, dans une période où les commerçants guettent encore le mouvement habituel de la rentrée. À Sandaga comme à Ouakam, les fournitures sont disponibles et les boutiques prêtes à accueillir les familles. Reste à savoir quand les parents pourront passer du repérage à l’achat.
Abdoulaye DIAO

