Société

INONDATIONS À DAKAR-Routes submergées, transports perturbés : la mobilité au point mort

Les fortes pluies des dimanche 4 et lundi 5 octobre 2026 ont sérieusement perturbé les déplacements à Dakar et dans sa banlieue. Axes routiers envahis par les eaux, stations du BRT non desservies, arrêts du TER suspendus : pour de nombreux usagers, rejoindre le centre-ville ou quitter leur quartier est devenu un parcours du combattant.

Un lundi matin sous le signe des embouteillages et des détours. Au lendemain des fortes précipitations, les déplacements entre Dakar et sa banlieue ont été particulièrement difficiles. Sur plusieurs axes, les eaux ont réduit les possibilités de passage, obligeant les automobilistes à modifier leurs itinéraires et les travailleurs à composer avec des retards.

À hauteur de l’école Mariama Niasse, la coupure de l’autoroute a compliqué l’accès au centre-ville. Les véhicules se sont rabattus sur les voies de contournement, notamment celles menant à la Voie de dégagement nord (VDN). Ce report de trafic a accentué les ralentissements sur des routes déjà très sollicitées aux heures de pointe. Pour certains travailleurs, arriver à l’heure au bureau relevait de l’impossible.

Le BRT et le TER également affectés

Les usagers des transports collectifs n’ont pas été épargnés. Sur le réseau SunuBRT, l’exploitation a été réduite à la seule ligne B1, avec des liaisons limitées entre Papa Guèye Fall et Sacré-Cœur, ainsi que sur le tronçon Guédiawaye et Grand-Médine. Les accumulations d’eau ont empêché la desserte de plusieurs stations, notamment Cardinal Hyacinthe Thiandoum, Scat Urbam, Khar Yalla, Liberté 6 et Liberté 5. Ces interruptions ont réduit les possibilités de déplacement pour les voyageurs qui empruntent quotidiennement le réseau. Les usagers ont été invités à anticiper leurs trajets et à adapter leurs déplacements à l’évolution du service.

Sur le réseau ferroviaire, les inondations ont également entraîné des perturbations. Dans le sens Dakar-Diamniadio, le TER ne desservait temporairement plus les gares des Beaux Maraîchers et de Pikine Nord (PNR). Une restriction qui complique davantage les trajets des habitants de la banlieue, alors que le train constitue un maillon essentiel de leurs déplacements quotidiens.

À Keur Massar, le marigot de Mbao déborde

Sur l’autoroute Dakar-AIBD, la situation était particulièrement difficile à hauteur de Keur Massar. Le débordement du marigot de Mbao a perturbé la circulation dans les deux sens. Les automobilistes ont été appelés à éviter autant que possible ce secteur et à emprunter des itinéraires alternatifs. Au-delà des difficultés routières, la montée des eaux suscite l’inquiétude dans les quartiers environnants. À Mbao, des habitants redoutent une progression des eaux vers les zones d’habitation.

Entre Pikine, Diamaguène et Mbao, de nombreuses rues sont submergées. Sortir de chez soi, rejoindre un arrêt de transport ou traverser son quartier devient une épreuve. Dans les secteurs les plus touchés, certains habitants ont recours à des charrettes pour franchir les passages inondés.

À Guédiawaye aussi, plusieurs quartiers ont été envahis par les eaux. Les autorités locales indiquent avoir mobilisé des équipes pour intervenir dans les zones affectées et faire face aux conséquences des fortes pluies.

Des déplacements sous contrainte

D’un quartier à l’autre, les mêmes difficultés se cumulent : rues inondées, itinéraires interrompus et transports collectifs au service réduit. Les perturbations simultanées du BRT, du TER et des principaux axes routiers ont considérablement restreint les solutions de déplacement.

En attendant l’évacuation des eaux et le rétablissement des dessertes, les habitants doivent adapter leurs trajets, prévoir davantage de temps et parfois reporter leurs déplacements. Pour beaucoup, cette journée de lundi a commencé par une préoccupation immédiate : trouver un passage pour rejoindre leur destination.

Mariem DIA