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MENACE TERRORISTE ET RUPTURE AVEC L’AES: Le Sénégal mise sur la vigilance et le dialogue

Les risques sécuritaires liés à la situation au Mali et sur les relations entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel (AES), préoccupent Bassirou Diomaye Faye. Il a en effet reconnu que le Sénégal ne pouvait se considérer à l’abri d’une attaque. Mais il a aussi défendu la coopération sécuritaire avec les pays voisins et plaidé pour une coexistence entre les deux organisations régionales.

« Le Mali est un pays voisin qui le restera, parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront », Par cette formule, Bassirou Diomaye Faye a rappelé combien la sécurité du Sénégal est liée à celle de son voisin. Questionné lors d’un entretien à New York avec RFI et France 24, ce jeudi, sur un éventuel risque de contagion de la violence dans la sous-région, le chef de l’État a écarté toute certitude rassurante : « Le Sénégal ne peut pas dire qu’il est à l’abri ».

Selon lui, « la nature des attaques terroristes impose une vigilance constante ». « Le terrorisme n’a pas de frontières », a-t-il souligné, estimant que « les difficultés sécuritaires du Mali concernent nécessairement le Sénégal ». Il a indiqué que les autorités sénégalaises coopèrent avec les pays exposés à la même menace, notamment par « l’échange de renseignements ». « Des patrouilles communes ont également été menées, a-t-il précisé, pour anticiper les risques ».

Cette vigilance prend une importance particulière à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. Interrogé directement sur d’éventuelles tentatives d’attaques déjouées ces dernières semaines, le président n’a toutefois fait état d’aucun cas précis. Il a insisté sur « les mesures de prévention » et sur « la conscience » qu’ont les autorités du « niveau de la menace dans toute la sous-région ».

Avec l’AES, préserver la circulation et les échanges

L’entretien a également porté sur l’avenir des relations entre la CEDEAO que préside actuellement Bassirou Diomaye Faye, et les trois pays de l’AES : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Après s’être rendu au Mali, le président sénégalais n’a pas exclu d’autres déplacements. Il a indiqué qu’il pourrait se rendre dans tout autre pays « selon les besoins et les disponibilités », sans annoncer de visite au Burkina Faso ou au Niger.

Sur le fond, Bassirou Diomaye Faye a affirmé respecter la décision des trois États de quitter la CEDEAO. L’enjeu, à ses yeux, est désormais d’organiser les rapports entre les deux ensembles. Il a cité comme priorités « la libre circulation des personnes et des biens », ainsi que « le maintien des échanges commerciaux » entre leurs membres.

Le dialogue est engagé, a-t-il assuré, en évoquant la désignation de Lansana Kouyaté comme négociateur spécial. Quant à un éventuel retour des pays de l’AES au sein de la CEDEAO, le chef de l’État n’en a pas fait une condition préalable aux discussions. « Nous tendons la main à tout le monde et nous parlons à tout le monde », a-t-il déclaré. Pour le président sénégalais, la proximité géographique et les défis communs obligent les États de la région à continuer de travailler ensemble, quelle que soit leur appartenance institutionnelle.

Adama AIDARA