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HOMOSEXUALITÉ AU SÉNÉGAL: Face aux critiques, Diomaye invoque la souveraineté nationale 

Le durcissement de la législation sénégalaise relative à l’homosexualité, le président Bassirou Diomaye Faye l’assume. Et il demande aux pays qui critiquent ce choix de respecter la souveraineté du Sénégal. Une position qui prolonge le refus de toute dépénalisation défendu par son prédécesseur Macky Sall, dans un cadre légal désormais plus sévère.

« De quelle communauté internationale parlez-vous ? ». La réplique de Bassirou Diomaye Faye a précédé sa réponse à une question des journalistes de RFI et France 24 sur les critiques suscitées par la nouvelle loi sénégalaise venant de la « communauté internationale ». Lorsque ses interlocuteurs ont cité la France et les Nations unies, le chef de l’État a opposé le principe de réciprocité : « Est-ce que dans ces pays-là, quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués, mais est-ce que nous avons réagi ? Non ! Nous avons considéré que ce sont des pays souverains qui ont fait leurs options législatives et nous l’avons respecté. Nous demandons la même chose ».

Par cette réponse, le président défend le droit du Sénégal à fixer sa propre législation. Il ne répond toutefois pas directement à l’autre volet de la question : la possibilité de durcir encore la loi, évoquée par Ousmane Sonko.

Une loi qui renforce les peines

Le débat porte sur la loi n° 2026-08 du 27 mars 2026, publiée au Journal officiel du 30 mars. Elle modifie l’article 319 du Code pénal, qui réprimait déjà certains actes qualifiés de « contre nature ». Le nouveau texte prévoit notamment des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement pour les faits qu’il vise et sanctionne également leur « promotion » ou leur financement. Il s’agit donc d’un renforcement d’une répression préexistante, et non de sa création en 2026. Vie-Publique.sn

Cette évolution a été contestée par des organisations de défense des droits humains. La Fédération internationale pour les droits humains a notamment dénoncé l’alourdissement des peines et l’extension de la répression aux actions dites de « promotion » de l’homosexualité.

Continuité avec Macky, mais changement dans la loi

Sur le plan politique, Bassirou Diomaye Faye reprend un argument déjà avancé par Macky Sall. L’ancien président avait réaffirmé à plusieurs reprises que le Sénégal ne légaliserait jamais l’homosexualité sous son mandat, notamment lorsqu’il était interrogé sur le sujet par des dirigeants étrangers. La différence tient à l’action législative. Sous la présidence de Diomaye Faye, l’Assemblée nationale a adopté un texte qui augmente les sanctions et élargit le champ des comportements réprimés. À New York, le chef de l’État assume ce choix au nom de la souveraineté nationale. 

Adama AIDARA