Le Président Faye appelle à un financement mondial plus équitable alors que l’Afrique appelle à accélérer la mise en œuvre du Pacte pour l’avenir
Le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, s’exprimant également en sa qualité de Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a appelé, le 22 septembre, à une réforme de l’architecture financière mondiale et à une meilleure représentativité de l’Afrique dans les instances internationales de décision, alors que des dirigeants africains et de hauts responsables des Nations Unies se réunissaient au Siège de l’ONU à New York pour faire le point sur les progrès accomplis deux ans après l’adoption du Pacte pour l’avenir.
S’exprimant lors de la réunion de haut niveau intitulée « Deux ans après le Pacte pour l’avenir : progrès dans la mise en œuvre, défis et opportunités pour l’Afrique », le Président Faye a souligné que les États africains restent confrontés à des obstacles structurels qui freinent leur développement économique, notamment le manque d’infrastructures, la sous-industrialisation, les difficultés de mobilisation et de financement à la hauteur de leurs besoins, le fardeau de la dette ainsi que le chômage.
« La majeure partie des ressources financières est consacrée au service de la dette », a déclaré le Président Faye, soulignant les conséquences de cette situation sur les investissements essentiels dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.
Il a appelé l’Afrique à œuvrer avec ses partenaires du Sud global et d’ailleurs à la concrétisation de la réforme de l’architecture financière mondiale, en vue d’une meilleure représentativité des pays du continent dans les organisations internationales, y compris au sein des instances de décision.
Le Président Faye a également souligné l’importance d’un système fiscal international plus juste et plus équitable pour mobiliser davantage de ressources en faveur du développement, mettant en avant les négociations en cours sur la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération internationale en matière fiscale. Il a par ailleurs exprimé l’espoir que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) joue un rôle catalyseur majeur dans l’intégration et le développement de l’Afrique, en stimulant les échanges et en réduisant la fragmentation des marchés.
Dans le cadre de sa présidence en exercice de la CEDEAO, le Président Faye a réaffirmé l’engagement du Sénégal à contribuer à la mise en œuvre du Pacte sur le continent africain, au bénéfice de ses populations et de sa jeunesse.
L’Afrique fait le point deux ans après l’adoption du Pacte
La réunion s’est tenue deux ans jour pour jour après l’adoption, par les dirigeants mondiaux, du Pacte pour l’avenir, accompagné du Pacte numérique mondial et de la Déclaration sur les générations futures. Ses 56 actions couvrent notamment le développement durable et son financement, la paix et la sécurité, la science, la technologie, l’innovation et la coopération numérique, la jeunesse et les générations futures, ainsi que la réforme de la gouvernance mondiale.
La Présidente de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, dont le pays a cofacilité les négociations du Pacte et qui présidait la réunion, a rappelé que l’Afrique avait joué un rôle majeur dans son élaboration et devait désormais s’approprier pleinement sa mise en œuvre.
« L’Afrique ne demande pas de l’argent gratuit. L’Afrique veut l’équité. Nous voulons la justice pour pouvoir nous développer », a-t-elle déclaré.
La Présidente Nandi-Ndaitwah a souligné la convergence entre le Pacte et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, tout en appelant à renforcer la mobilisation des ressources nationales parallèlement à la réforme de l’architecture financière internationale.
Guy Ryder,

