Affaire Astou Pierre : le récit glaçant d’une agression à l’acide mortelle
Arrêté en Mauritanie puis remis aux autorités sénégalaises, Alioune Badara Gaye a été déféré au parquet de Dakar ce vendredi pour assassinat et actes de barbarie. Face aux enquêteurs, il est passé aux aveux et a raconté comment il aurait aspergé la victime d’acide.
L’affaire Astou Pierre Ndiaye connaît un nouveau développement avec les aveux présumés de son agresseur. Selon des informations rapportées par le quotidien Libération, Alioune Badara Gaye, interpellé en Mauritanie grâce à la coopération policière, a été entendu par les enquêteurs du commissariat de Dieuppeul avant d’être déféré au parquet de Dakar. Au cours de son audition, il a livré sa version des faits, revenant notamment sur les circonstances dans lesquelles il s’est rendu au restaurant « Le Foungou ».
D’après sa déposition, il avait quitté le domicile familial à bord d’un scooter conduit par Mame Waly Niang. Une fois aux abords de l’établissement, il aurait demandé à son accompagnateur de l’attendre, avant de descendre du deux-roues et de pénétrer dans le restaurant où se trouvait Astou Pierre Ndiaye, en compagnie d’autres personnes.
C’est alors qu’il aurait sorti le produit corrosif qu’il transportait. Dans ses déclarations aux policiers, le mis en cause décrit son geste sans détour : « Le jour des faits, j’ai quitté mon domicile familial pour aller au restaurant “Le Foungou”, à bord d’une moto scooter avec Mame Waly Niang. Arrivés aux abords du “Foungou”, j’ai demandé à Mame Waly Niang de m’attendre. Je suis descendu de la moto. Je suis entré à l’intérieur du restaurant où j’ai trouvé Astou Pierre et d’autres individus. Sans hésiter, j’ai sorti une bouteille contenant de l’acide pour la verser sur Astou Pierre. »
Le suspect affirme avoir acheté l’acide à Mbeubeuss pour la somme de 700 FCFA. Pour justifier son passage à l’acte, il évoque une dispute survenue la veille avec la victime et dit regretter son geste. Mais ces déclarations contrastent avec d’autres éléments recueillis au cours de l’enquête. Toujours selon *Libération*, Alioune Badara Gaye aurait poursuivi ses menaces contre Astou Pierre Ndiaye par téléphone, alors même que celle-ci était hospitalisée au centre hospitalier universitaire de Fann. Face à ces intimidations, un vigile avait été mobilisé pour assurer sa sécurité.
Un long combat contre les séquelles de l’agression
Le frère de la victime a également retracé le parcours médical particulièrement éprouvant de sa sœur. Après l’agression, Astou Pierre Ndiaye a passé vingt jours en réanimation, avant d’être transférée au service des maladies infectieuses du CHU de Fann, où elle est restée pendant quarante-sept jours.
Sortie de l’hôpital le 4 septembre, elle y a été de nouveau admise le 28 septembre, cette fois en raison de difficultés respiratoires. Son état de santé ne s’est finalement pas amélioré. Elle est décédée le 1er octobre 2026, plusieurs semaines après l’agression.
Le conducteur du scooter recherché
Les enquêteurs cherchent également à établir le degré d’implication de Mame Waly Niang. Présenté comme le conducteur du scooter qui a transporté Alioune Badara Gaye au restaurant « Le Foungou », puis en direction de Derklé, il est désormais activement recherché. Son audition pourrait permettre de mieux comprendre les circonstances du déplacement du principal suspect et son éventuel rôle dans cette affaire.
Autre élément ressorti de l’audition : Alioune Badara Gaye aurait déjà eu affaire à la justice. Il aurait confié aux enquêteurs avoir été déféré à deux reprises pour coups et blessures volontaires et vol de moto. Selon ses propres déclarations, ces procédures lui auraient valu respectivement six mois et deux ans de prison ferme.
Désormais entre les mains de la justice sénégalaise, le mis en cause devra répondre des faits qui lui sont reprochés. L’enquête se poursuit notamment pour faire toute la lumière sur les circonstances de l’agression et les éventuelles responsabilités d’autres personnes

